ATTAC-Suisse http://www.suisse.attac.org/ fr PETITION contre les licenciements discriminatoires chez Molino http://www.suisse.attac.org/PETITION-contre-les-licenciements <dl class='spip_document_627 spip_documents spip_documents_left' style='float:left;'> <dt><a href="http://www.suisse.attac.org/IMG/pdf/Petition_MolinoFR.pdf" title='PDF - 57.2 kB' type="application/pdf"><img src='http://www.suisse.attac.org/prive/vignettes/pdf.png' width='52' height='52' alt='PDF - 57.2 kB' /></a></dt> </dl> 2010-03-19T11:53:51Z text/html de Nestlegate : groupe sur Facebook http://www.suisse.attac.org/Nestlegate-groupe-sur-Facebook <p>Parce que le livre Affaire Classée, Attac, Securitas, Nestlé (<a href='http://www.enbas.ch/pdf/Feuz_bon_cde.pdf' class='spip_out'>Editions d'EnBas</a>) a prouvé que la justice vaudoise avait gravement dysfonctionné dans l'affaire de l'infiltration attac par Securitas pour le compte de Nestlé, un groupe Facebook «  Pour exiger la vérité sur l'infiltration d'attac par Nestlé  » a été initié par l'auteur du livre, Alec Feuz. Pour voir plus de détails suivez le lien ci-dessous : <a href='http://www.facebook.com/ group.php?gid=304037737449' class='spip_out'>http://www.facebook.com/ group.php ?gid=304037737449</a></p> 2010-03-04T08:36:06Z text/html fr Loi sur le chômage : de quoi on parle ? http://www.suisse.attac.org/Loi-sur-le-chomage-de-quoi-on <p>La révision de la LACi intervient à un moment où le chômage connaît une forte croissance. Le nombre de chômeurs a passé de 118'762 à 172'740 en 2009. Une augmentation de 45% en douze mois  ! Le nombre de demandeurs d'emplois, chiffre qui inclus les personnes qui ne sont pas reconnues par l'assurance-chômage, s'élevait à 234'359 personnes à fin 2009. Et ces chiffres continuent malheureusement d'augmenter. Lors de la dernière crise, alors que la reprise officielle s'est produite en 2002, le nombre de chômeurs n'a atteint son maximum que deux ans plus tard. Il n'y aura donc probablement pas de baisse du taux de chômage avant 2011, voire 2012.</p> <p>Une augmentation alibi des cotisations de 2% à 2,2% ou 2,3% devrait améliorer les recettes. Rappelons que la dette de l'assurance-chômage résulte de la diminution du taux de cotisation de 3% à 2% en 2003, cela sous l'initiative de la droite enmenée par Pascal Couchepin. Cette décision a eu pour résultat d'affronter la crise actuelle dans une situation défavorable. L'augmentation proposée ne suffira pas pour résoudre le déséquilibre des comptes.</p> <p>Partant de ce constat, la droite cherche à diminuer les prestations selon le principe que c'est au chômeur de se prendre en charge. Parmi les solutions privilégiées on trouve la diminution du nombre d'indemnités journalières. Ce sont tout particulièrement les jeunes et les chômeurs de longue durée qui seront touchés.</p> <p>Le référendum contre cette loi est déjà annoncé. Il sera vraisemblablement lancé en avril. Un site internet a été mis en place pour préparer cette campagne à laquelle Attac participera : <a href='http://www.non-dlaci.ch/' class='spip_out' rel='nofollow'>http://www.non-dlaci.ch</a></p> 2010-03-04T08:30:53Z text/html fr 4ème révision de la loi sur l'assurance-chômage : qu'elle moisisse aux oubliettes ! http://www.suisse.attac.org/4eme-revision-de-la-loi-sur-l <p>A l'instar du Conseil des États, le Conseil national a décidé le 9 décembre dernier de durcir la Loi sur le chômage et l'aide en cas d'insolvabilité (LACI). Les chambres fédérales prendront position définitivement sur cette révision ce printemps. D'aucun-e-s disent qu'un espoir subsiste, que le Conseil des États sous la pression de l'Union Suisse des villes et des Gouvernements cantonaux pourraient revenir sur sa décision, du 8 Juin 2009, de réduire les prestations de l'assurance-chômage d'un demi milliard de francs. Lorsqu'une décision des chambres fédérales touche les caisses des autres niveaux démocratiques, la colère se fait sentir et ce même dans certains rangs de droite. En effet, cette révision provoquerait des frais supplémentaires à charge des cantons et des communes de plus de 240 millions (dixit les directeurs cantonaux en charge des affaires sociales). Il est alors question essentiellement d'argent, de finances publiques. Mais ce qui est grave et bien plus grave encore c'est les signaux qui sont donnés. En voici deux d'entre eux :</p> <p>Le projet de révision de la LACI est un coup de couteau dans le dos de tous les projets qui visent l'insertion professionnelle des sans-emploi, jeunes et moins jeunes. Actuellement, l'État mandate les institutions sociales à motiver les personnes sans-emploi, à leur offrir un soutien, à leur permettre de se renforcer et, triste concept, à "renforcer leur employabilité". Actuellement, le travail fourni dans un programme d'insertion est reconnu comme ayant une certaine valeur dans le sens où il permet d'ouvrir un nouveau délai cadre qui donne droit à nouveau à des indemnités de l'assurance-chômage. La révision de la LACI prévoit de supprimer ce droit, sous-entendant par là que les programmes d'insertion professionnelle ont soit débouché à leur fin sur un emploi, soit échoué et qu'il n'y a plus d'espoir de retrouver un emploi les mois suivants. Cela ne serait alors plus du ressort de l'assurance-chômage mais de l'aide sociale. La reconnaissance de l'effort fourni par les personnes sans-emploi dans des mesures d'insertion est mise à mal puisque ce travail n'est plus reconnu comme tel par l'assurance mais renvoie à l'assistance.</p> <p>Pour la majorité du Parlement fédéral, une jeune ou un jeune ayant terminé sa scolarité obligatoire ou ses études ne devrait plus non plus rentrer dans le "concept d'assurance". Ce sont des personnes qui, faute d'avoir trouvé du travail immédiatement, devraient s'inscrire à l'aide sociale. Elles n'ont pas cotisé alors pourquoi les travailleuses et travailleurs leur seraient solidaires par le biais de l'assurance-chômage ? Cette logique fait plus penser à une caisse d'épargne qu'à une assurance. La logique libérale fait des ravages : "Merci de vous être formé-e ! Maintenant vous allez dépendre des services sociaux et rembourser l'aide reçue lorsque vous trouverez enfin votre premier emploi. La dureté du marché du travail, la crise, c'est VOTRE problème". Ce sont celles et ceux qui poursuivent cette logique qui, par ailleurs, vont vanter les mérites de la jeunesse et le besoin d'encourager les jeunes qui sont l'avenir de notre pays. Belle hypocrisie.</p> <p>Heureusement, la campagne référendaire s'organise. Même si cette procédure législative devait finalement déboucher sur un refus, ce qui se dit dans les Chambres fédérales est grave et nous n'en sortirons pas indemnes. Le démantèlement d'assurance sociale même à l'état de projet insinue qu'une situation sociale difficile, dans le cas présent le chômage, est plus de la responsabilité de la personne que de la collectivité. La solidarité s'effrite, les abus sont traqués et les bien-pensant-e-s de droite prouvent, une fois de plus, qu'elles et ils sont plus proches des coffres-forts bancaires que du porte-monnaie des ménages. Nous devons dénoncer le démantèlement de la solidarité sociale et lutter pour que le projet de la 4ème révision de la Loi sur le chômage moisisse aux oubliettes. </p> <p>Emilie Moeschler</p> 2010-03-04T08:29:12Z text/html fr Radio/TV : retour à l'Ancien régime http://www.suisse.attac.org/Radio-TV-retour-a-l-Ancien-regime <p>En tant qu'impôt, la redevance que propose le Conseil fédéral est outrageusement inéquitable, car tous les ménages seront assujettis à la même charge quelles que soient leurs circonstances. Il correspond au cens, l'une des formes les plus grossières de l'impôt.</p> <p>Puisque la charge est un montant unique que doit payer chaque ménage, moins le ménage compte de membres plus la charge par personne est lourde. Ainsi l'impôt pèse particulièrement sur les jeunes en formation ou sur les survivants de la catégorie AVS (qui veut dire ‘Assurance vieillesse et survivants'), autrement dit les veuves et veufs habitant seuls. Comment se justifie une répartition aussi loufoque du fardeau  ?</p> <p>Le cens, avec la taille qui partageait des aspects censitaires, étaient à juste titre honnis des classes populaires et comptèrent parmi les principaux griefs qui déclenchèrent la révolution française de 1789. La tentative de Mme Thatcher d'imposer une poll tax (traduction anglaise de ‘cens') suscita un mouvement de colère générale qui provoqua sa propre chute en 1990. D'ailleurs la poll tax avait déjà provoqué une révolte paysanne en Angleterre en 1381. Décidément, la Suisse est un sonderfall qui n'apprend rien de l'expérience de ses voisins européens.</p> <p>Si l'intention est de faire supporter les coûts d'un service radio/TV public à l'ensemble de la population, il faut couvrir les frais dans le cadre de l'Impôt fédéral direct (IFD). Longuement élaboré par les processus démocratiques, cet impôt reflète un certain souci d'équité, avec un certain degré de progressivité et des allègements pour certaines catégories vulnérables de la population, même s'il laisse encore sérieusement à désirer. Si le rendement actuel de l'IFD ne suffit pas à couvrir la nouvelle charge des frais de radio et de TV, on peut augmenter le total du produit de l'impôt tout en respectant ses barèmes et ses principes d'équité.</p> <p><i> Edouard Dommen</p> <p>Membre du comité scientifique d'Attac suisse.</i></p> 2010-03-04T08:25:19Z text/html fr Vol de données bancaires : Les autorités suisses doivent faire le ménage chez elles plutôt qu'attiser l'indignation http://www.suisse.attac.org/Vol-de-donnees-bancaires-Les,2326 <p><a href='http://www.suisse.attac.org/Vol-de-donnees-bancaires-Les' class='spip_in'>Lire...</a></p> 2010-03-04T08:18:46Z text/html fr Les contradictions de la politique française d'immigration http://www.suisse.attac.org/Les-contradictions-de-la-politique <p><strong>Introduction</strong></p> <p>Rappel des principaux aspects de l'actuelle politique française en matière d'immigration :</p> <p><img src="http://www.suisse.attac.org/puce.gif" width="8" height="11" class="puce" alt="-" /> Durcissement continu au cours des vingt dernières années de la législation régissant les conditions d'entrée et de séjour des étrangers (non ressortissants communautaires) en France.</p> <p><img src="http://www.suisse.attac.org/puce.gif" width="8" height="11" class="puce" alt="-" /> Une chasse impitoyable aux l'immigrés dits clandestins (les « sans papiers ») dans le but de les expulser (un minimum de 25'000 expulsions par an) dont les pires aspects rappellent la traque des juifs pendant l'occupation nazie : violations régulières de la législation, séparation des parents et des enfants, rétention administrative sans contrôle judiciaire possible, criminalisation de l'aide aux étrangers en situation irrégulière, etc.</p> <p><img src="http://www.suisse.attac.org/puce.gif" width="8" height="11" class="puce" alt="-" /> La création d'un ministère de l'Immigration, de l'intégration et de l'identité nationale ; l'organisation d'un débat sur l'identité nationale qui vire au déferlement des propos racistes (notamment islamophobes), dans le but de s'attirer les faveurs de l'électorat du Front national (l'opération ne pouvant que renforcer ce dernier).</p> <p>Mais en même temps :</p> <p><img src="http://www.suisse.attac.org/puce.gif" width="8" height="11" class="puce" alt="-" /> Poursuite d'une immigration non seulement clandestine mais officielle (par le biais du regroupement familial) : en moyenne 160'000 par an.</p> <p><img src="http://www.suisse.attac.org/puce.gif" width="8" height="11" class="puce" alt="-" /> Des déclarations officielles régulières en faveur d'une « immigration choisie » : une politique sélective d'immigration visant à alimenter certains secteurs bien déterminés du marché du travail en différentes catégories (qualifiées mais aussi déqualifiées) de forces de travail.</p> <p><img src="http://www.suisse.attac.org/puce.gif" width="8" height="11" class="puce" alt="-" /> La France reste parmi les Etats européens les plus intégrateurs des étrangers installés en France (au cours de ces dernières années, entre 13 et 17 % de mariages mixtes) en dépit de la persistance de discriminations à l'égard de certaines catégories d'entre eux (notamment les Maghrébins et tout particulièrement les Algériens).</p> <p>En fait, rien de bien nouveau sous le soleil. On retrouve aujourd'hui des contradictions déjà anciennes de la politique d'immigration et, plus largement, du rapport de la société française à ses immigrés. Mais je ne veux pas traiter de ces contradictions dans ce qu'elles ont de spécifiquement français ; je vais essayer de leur donner un tour aussi général, voire universel que possible.</p> <p><strong> <i>I. La contradiction entre impérialisme et républicanisme</i> </strong></p> <p>La France a été un des principaux Etats colonialistes ; et il demeure un Etat impérialiste, notamment à l'égard de ses anciennes colonies. Par ailleurs, la France est aussi marquée par l'héritage de la Révolution et sa tradition républicaine. L'un et l'autre de ces deux facteurs retentissent sur la situation actuelle faite aux immigré·e·s et aux étrangers installés sur son sol.</p> <p><i>A) L'héritage colonialiste et la position impérialiste</i></p> <p>1. Hier. Long passé colonialiste de la France, entre le début du XVIIe siècle et le milieu du XXe siècle. La France a possédé le plus grand empire colonial pendant l'époque contemporaine, après le Royaume-Uni.</p> <p><img src="http://www.suisse.attac.org/puce.gif" width="8" height="11" class="puce" alt="-" /> Les principales étapes de la constitution de cet empire : la colonisation du Québec, des Antilles, de la Guyane, d'une partie des Indes (au XVIIe et XVIIIe siècle), avec une participation active à la traite négrière ; la colonisation de l'Algérie, d'une bonne partie de l'Afrique subsaharienne, d'îles de l'océan Indien (Madagascar), d'une partie de l'Indochine (Vietnam, Cambodge, Laos) et de la Polynésie (au cours du XIXe et du début du XXe siècle).</p> <p><img src="http://www.suisse.attac.org/puce.gif" width="8" height="11" class="puce" alt="-" /> Longue tradition de violences à l'égard des populations colonisées, pour établir et maintenir les rapports d'exploitation et de domination propre à la colonisation. Deux longues guerres coloniales au Vietnam (1946-1954) et en Algérie (1954-1962).</p> <p><img src="http://www.suisse.attac.org/puce.gif" width="8" height="11" class="puce" alt="-" /> Au cours de la seconde moitié du XIXe siècle et de la première moitié du XXe siècle, diffusion du racisme comme idéologie du colonialisme : comme pseudo-justification de la colonisation.</p> <p>2. Aujourd'hui. Ce passé colonial reste inscrit tant dans les rapports que l'Etat et la société français entretiennent avec leurs ex-colonies devenues indépendantes et avec les populations issues de ces colonies.</p> <p><img src="http://www.suisse.attac.org/puce.gif" width="8" height="11" class="puce" alt="-" /> Sur un plan pratique : persistance de « confettis de l'Empire » : les DOM-TOM (Saint-Pierre et Miquelon, Martinique, Guadeloupe, Guyane, Réunion, Nouvelle Calédonie, Polynésie), avec des droits (notamment sociaux) inférieurs à ceux de la métropole ; persistance d'une mise sous tutelle politique et d'une dépendance économique des anciennes colonies à l'égard de la France, avec la complicité des élites post-coloniales locales (passage d'un impérialisme colonialiste à un impérialiste post-colonialiste). Cf. la Françafrique.</p> <p><img src="http://www.suisse.attac.org/puce.gif" width="8" height="11" class="puce" alt="-" /> Sur un plan idéologique : persistance d'un racisme diffus à l'égard des populations des ex-colonies et, plus largement, des pays du Sud dans une partie de l'opinion publique française. Racisme d'autant plus exacerbé que ces populations peuvent désormais s'établir en France métropolitaine soit en étant française (cas des populations des DOM-TOM), soit en étant ressortissants d'Etats indépendants. L'émergence du FN (Front national) ne saurait s'expliquer sans cette persistance.</p> <p><i>B) L'héritage républicain</i></p> <p>1. Hier. Mais la France est aussi le pays dans lequel s'est produite une révolution bourgeoise radicale = une révolution dans laquelle la contradiction, inhérente à toute révolution bourgeoise, entre sa forme politique (la démocratie) et son contenu social (la domination de classe de la bourgeoisie) a été poussée très loin, dans le cours immédiat de la révolution (cf. le jacobinisme) tout comme par après.</p> <p>Résultat : la tradition républicaine dont le programme et le symbole sont condensés par la devise « Liberté, égalité, fraternité » dont la portée potentielle universelle. Pour preuves :</p> <p><img src="http://www.suisse.attac.org/puce.gif" width="8" height="11" class="puce" alt="-" /> Le fait que, dans le cours du siècle suivant, le mouvement ouvrier (en France mais aussi à l'étranger) va s'emparer des idéaux républicains pour les retourner contre la bourgeoisie : pour exiger que la révolution soit reprise, poursuivie et parachevée par l'édification d'une République (démocratie) sociale en lieu et place de la République (démocratie) politique.</p> <p><img src="http://www.suisse.attac.org/puce.gif" width="8" height="11" class="puce" alt="-" /> Le fait que, le moment venu, c'est au nom d'idéaux républicains que les nationalistes vietnamiens ou algériens vont se soulever contre… la République française colonialiste.</p> <p>2. Aujourd'hui. Persistance de cette tradition républicaine en France, que l'on retrouve non seulement au sein du discours politique et des institutions politiques mais encore au cœur de la conflictualité sociale. Elle se retrouve aussi au cœur des rapports qu'entretiennent non seulement une partie de la population et de l'opinion publique françaises à l'égard des immigrés et des étrangers vivant en France, en particulier ceux qui vivent dans l'illégalité (les « sans-papier »), mais encore l'Etat français lui-même. Pour preuves :</p> <p><img src="http://www.suisse.attac.org/puce.gif" width="8" height="11" class="puce" alt="-" /> La persistance de la prévalence du droit du sol sur le droit du sang au sein du Code de la nationalité : en dépit des multiples restrictions successives qui ont été apportées au cours des deux dernières décennies à la procédure d'acquisition de la nationalité française par les immigrés, ce code garantit la possibilité de cette acquisition dès la première génération, en fait la règle à la deuxième génération et la rend automatique à la troisième génération.</p> <p><img src="http://www.suisse.attac.org/puce.gif" width="8" height="11" class="puce" alt="-" /> La persistance du « modèle républicain d'intégration » fondé sur l'octroi de droits aux individus (en tant que sujets de droit : personnes privées et citoyens potentiels) et non pas aux communautés ethniques, nationales ou religieuses d'origine ou d'appartenance (par opposition au modèle anglo-saxon d'insertion des communautés). <strong> <i></p> <p>II. La contradiction entre la fonction économique de la force de travail et sa forme juridique.</i> </strong></p> <p>Contradiction très générale dans le cadre du capitalisme ; mais qui présente des aspects particuliers et une intensité plus aiguë dans le cas de la force de travail de travailleurs immigrés, en particulier en France.</p> <p><i>A) La contradiction dans sa généralité</i></p> <p>Relativement au statut qu'il accorde à la force de travail, le rapport capitaliste de production se caractérise par la contradiction suivante.</p> <p>D'une part, la force de travail est le facteur et le moteur de la valorisation du capital : c'est sa dépense (son usage) qui est seule capable de former de la valeur et surtout de la survaleur (de la plus-value). Ce qui est la finalité immédiate de son appropriation et de sa consommation productive par le capital. Au sein de ce rapport de production, la force de travail n'a pas d'autre destinée que d'être exploitée. Comme le dit Marx :</p> <p>« (…) quelqu'un qui a porté sa propre peau au marché (…) ne peut plus s'attendre qu'à une chose : à être tanné. » (Le Capital, Livre I, tome I, page 179).</p> <p>Mais, d'autre part, la force de travail est la propriété privée d'un « travailleur libre » ; et le capital ne peut se l'approprier que sous la forme d'un rapport marchand (l'achat-vente de la force de travail) qui est aussi, nécessairement, un rapport contractuel qui doit respecter, au moins formellement, l'autonomie de la volonté et la subjectivité juridique du « travailleur libre » : ses droits en tant que propriétaire de cette marchandise particulière qu'est la force de travail.</p> <p>C'est en prenant appui sur ce second aspect de la force de travail (sa forme juridique de propriété privée) que le travailleur salarié peut résister à et lutter contre le premier aspect (sa fonction de valorisation du capital, impliquant son exploitation). Tout le rapport de force immédiat entre capital et travail salarié repose sur cette contradiction :</p> <p><img src="http://www.suisse.attac.org/puce.gif" width="8" height="11" class="puce" alt="-" /> De son côté, le capital cherche autant que possible à annihiler les effets de la forme juridique de la force de travail en jouant :</p> <p><img src="http://www.suisse.attac.org/puce.gif" width="8" height="11" class="puce" alt="-" /> d'une part, sur l'état de nécessité économique dans laquelle se trouve le « travailleur libre », en tant qu'il est aussi un travailleur exproprié (privé de tout moyen de production propre et, par conséquent, de tout moyen de consommation à plus ou moins court terme) ; donc sur l'état de dépendance dans lequel le place son expropriation à l'égard du capital qu'il monopolise les moyens de production et de consommation de la société ;</p> <p><img src="http://www.suisse.attac.org/puce.gif" width="8" height="11" class="puce" alt="-" /> d'autre part, en jouant de la concurrence entre les différents travailleurs salariés en tant que propriétaires de la même marchandise qu'ils mettent simultanément et donc concurremment en vente sur un même marché.</p> <p><img src="http://www.suisse.attac.org/puce.gif" width="8" height="11" class="puce" alt="-" /> De son côté, le travailleur salarié cherche, autant que possible, à limiter les effets de la fonction économique de la force de travail (autrement dit de son exploitation) en s'appuyant sur sa forme juridique pour :</p> <p><img src="http://www.suisse.attac.org/puce.gif" width="8" height="11" class="puce" alt="-" /> d'une part, élargir et enrichir les droits auxquels ouvrent et son statut de propriétaire de la force de travail et le travail salarié ;</p> <p><img src="http://www.suisse.attac.org/puce.gif" width="8" height="11" class="puce" alt="-" /> d'autre part, substituer à la concurrence entre les travailleurs salariés leur union (syndicale et politique), de manière à l'atténuer sinon à la faire cesser, et à imposer par la lutte collective un statut salarial minimal (des conditions minimales d'échange et d'usage de la force de travail) ainsi que l'élargissement et l'enrichissement des droits afférents au travail salarié.</p> <p><i>B) Les développements particuliers de la contradiction</i></p> <p>Dans le cas d'une force de travail immigrée, cette contradiction se présente sous des aspects particuliers et avec une intensité plus particulière aussi.</p> <p>1. Pour le capital, l'intérêt du recours à une force de travail immigré est double. Et cela se repère particulièrement en France :</p> <p>a) D'une part, le capital a besoin d'une telle force de travail pour maintenir des formes d'exploitation archaïques dans certains secteurs, certaines branches ou certains segments de la division du travail dans lesquels le capital ne peut se valoriser qu'en surexploitant le travail salarié : en ne payant pas la force de travail à sa valeur, en ne respectant pas les normes légales ou conventionnelles en matière de la durée et de conditions de travail, etc.</p> <p>Exemples typiques en France : le travail agricole saisonnier, la construction et les travaux publics, l'hôtellerie et restauration, certains types de services aux particuliers (gardiennage et surveillance, nettoyage, colportage, etc.)</p> <p>Le recours à une main-d'œuvre immigrée permet cela grâce au fait que : elle est souvent isolée, sans possibilité de se défendre (par son ignorance de la langue, de ses droits, son absence d'organisation syndicale, quelquefois sans tradition de lutte, etc.), sa situation de dépendance accrue, quelquefois sa discrimination légale, souvent sa stigmatisation (sur une base xénophobe et raciste), etc.</p> <p>Evidemment la situation est encore plus favorable pour le capital dans le cas où l'on a affaire à une main-d'œuvre immigrée illégalement, qui est entièrement à la merci de ses employeurs. D'où l'organisation d'un véritable trafic de main-d'œuvre de la part de certains employeurs dans les secteurs recourant le plus à la main-d'œuvre immigrée, quelquefois avec la complicité passive des pouvoirs publics. Exemple en France : rien n'a jamais été véritablement tenté pour faire cesser l'emploi de « sans papiers » dans les secteurs précédemment désignés (cf. les moyens dérisoires dont dispose les services de l'inspection du travail. )</p> <p>b) D'autre part, le capital se sert de la présence d'une main-d'œuvre immigrée pour dresser l'un contre l'autre deux fractions du monde salarial, selon la veille tactique éprouvée du « diviser pour régner ». Cela suppose :</p> <p><img src="http://www.suisse.attac.org/puce.gif" width="8" height="11" class="puce" alt="-" /> de créer une différence de statut entre ces deux fractions, en réservant aux nationaux ou aux étrangers installés de longue date de meilleures conditions de rémunération, d'emploi, de travail, des droits supérieurs éventuellement, que celles imposées aux immigrés ;</p> <p><img src="http://www.suisse.attac.org/puce.gif" width="8" height="11" class="puce" alt="-" /> de jouer délibérément sur les attitudes et les représentations xénophobes voire racistes, en discriminant et stigmatisant les immigrés en tant qu'étrangers. Le racisme, comme le sexisme ou le jeunisme, est une arme de division du monde salarial.</p> <p>c) Sous ce rapport, le durcissement continu de la législation française sur les conditions d'entrée et de séjour des étrangers en France vise moins à lutter contre l'immigration clandestine comme l'ont déclaré les gouvernants successifs que de :</p> <p><img src="http://www.suisse.attac.org/puce.gif" width="8" height="11" class="puce" alt="-" /> de réguler cette immigration de manière à ce qu'elle soit nécessaire et suffisante à l'approvisionner régulier des secteurs, branches, segments de l'économie française qui ne peuvent que subsister grâce à une telle main-d'œuvre. Tel est le sens du thème de « l'immigration choisie ». ;</p> <p><img src="http://www.suisse.attac.org/puce.gif" width="8" height="11" class="puce" alt="-" /> voire, par certaines aberrations juridiques, de produire de toutes pièces des clandestins pour fragiliser une partie de cette main-d'œuvre déjà la plus précaire ;</p> <p><img src="http://www.suisse.attac.org/puce.gif" width="8" height="11" class="puce" alt="-" /> d'attiser et de flatter les réactions et les préjugés xénophobes et racistes de la partie du monde salarial qui ne trouve plus d'identité et dignité que dans le fétichisme de l'identité nationale (nationalisme) ou dans le fantasme d'une pureté « raciale » (racisme).</p> <p>2. Mais, en tant que propriétaires de leur force de travail, les travailleurs salariés disposent également de quelques moyens pour se défendre et lutter contre l'ensemble des processus précédents.</p> <p>D'une part, sauf à instituer un régime d'apartheid (de discrimination institutionnelle généralisée), le capital ne peut maintenir à long terme une inégalité entre les droits ouverts, en tant que travailleurs salariés, aux immigrés et ceux réservés aux seuls nationaux. Ainsi les droits sociaux (par exemple ceux afférents à la protection sociale publique) ont-ils été d'emblée étendus à l'ensemble des salariés, quelle que soit leur nationalité – ce qui n'a pas été le cas des droits civiques.</p> <p>D'autre part, et plus fondamentalement encore, leur statut juridique de sujets de droit va permettre aux travailleurs immigrés</p> <p><img src="http://www.suisse.attac.org/puce.gif" width="8" height="11" class="puce" alt="-" /> de s'émanciper de leur réduction tendancielle au statut de simples forces de travail qui n'auraient droit à l'existence et à la présence dans l'Etat d'accueil qu'à ce titre ;</p> <p><img src="http://www.suisse.attac.org/puce.gif" width="8" height="11" class="puce" alt="-" /> pour revendiquer leur droit à une présence et à une existence dans cet Etat au titre de personne humaine avec l'ensemble des droits afférents à cette catégorie. Tel est tout l'enjeu par exemple de la lutte pour la reconnaissance effective (et non pas seulement formelle) du droit au regroupement familial ou encore du droit à l'exercice du culte musulman.</p> <p>Sous ce rapport, le durcissement continu de la législation française sur les conditions d'entrée et de séjour des étrangers en France vise précisément à couper court à la possibilité de jouer d'un tel ressort : l'Etat français veut bien de la main-d'œuvre immigrée mais pas de la population immigrée. C'est d'ailleurs pourquoi ce durcissement est de plus en plus souvent attentatoire aux droits de l'homme et fait de la France, sous ce rapport, un Etat de plus en plus policier.</p> 2010-02-22T09:10:55Z text/html fr Manifestation des femmes : appel de la commission féministe d'Attac http://www.suisse.attac.org/Encadre-commi-feministe <p>La commission féministe d'attac suisse vous invite à venir toutes et tous à la</p> <p><strong>Manifestation nationale des femmes</p> <p>Samedi 13 mars à Berne</p> <p>Rassemblement 13h30 Schützenmatte </strong></p> <p><strong>Pour combattre la pauvreté des femmes…</strong></p> <p><i>Egalité de salaire entre hommes et femmes</i> : les femmes gagnent jusqu'à 20% de moins que les hommes. Sur un salaire moyen de Fr. 4'000.-, imposer l'égalité, cela signifie environ Fr. 800.- de plus par mois. C'est souvent ce qui manque aux working-poor pour finir le mois, payer la caisse maladie de la famille ou s'acquitter des impôts. Aucune prestation de l'État ne pourra remplacer cette élémentaire équité.</p> <p>Pour un salaire minimum à Fr. 3'500.- par mois : les salaires baissent et certaines entreprises offrent des salaires si bas qu'ils ne suffisent plus à faire vivre la famille, même en effectuant des heures supplémentaires. Un salaire minimum fixé dans la loi au niveau national est une mesure efficace pour combattre la pauvreté et la pression vers le bas sur les salaires. Les femmes en seraient les premières bénéficiaires.</p> <p><strong>Pour combattre les violences faites aux femmes…</strong></p> <p><i>Pour une application uniforme des lois sanctionnant les délits de violence conjugale</i></p> <p>Des progrès ont été faits pour sanctionner les violences conjugales et ne plus les laisser impunies. Les agresseurs doivent répondre de leurs actes devant la justice. Mais ces lois (officialisation des délits de voies de fait répétées, lésions corporelles simples, menaces), ainsi que la loi pour la protection des victimes (expulsion de l'auteur de violence du domicile) doivent être appliquées de la même manière dans toute la Suisse et par toutes les instances.</p> <p><strong>Pour défendre le droit à l'autonomie des femmes…</strong></p> <p><i>Maintien du remboursement de l'avortement dans les prestations de base des caisses maladie</i></p> <p>Les milieux de droite et d'extrême-droite veulent supprimer le remboursement de l'avortement par les caisses maladie. C'est une première tentative pour remettre en question le droit à l'avortement. Les femmes se doivent de réagir vigoureusement à cette attaque archaïque.</p> 2010-02-19T06:23:20Z text/html fr Contre la privatisation de La Poste : de la lutte en France à son internationalisation http://www.suisse.attac.org/Contre-la-privatisation-de-La <p>Après avoir écouté les interventions des camarades de la Suisse, de la France et de l'Angleterre, j'ai finalement décidé de commencer par la fin. C'est-à-dire par des perspectives de travail à rediscuter... Je finirai donc par le début !</p> <p>J'en vois deux principales : le rapport avec les usagers et la nécessité d'un travail international, tellement les politiques de nos entreprises sont communes.</p> <p>A travers le rapport aux usagers, je voulais revenir rapidement sur la votation citoyenne évoquée par Patricio Caldéron. Nous, les Français, sommes souvent considérés comme des « donneurs de leçons », c'est vrai. Et vous avez raison... Mais il est vrai que nous sommes très fiers de cette votation citoyenne qui a réuni plus de 2,3 millions de personnes. D'abord parce que, à ma connaissance, c'est un exemple jamais vu en France. C'est la première fois ! Il n'y a pas chez nous cette culture de la votation comme en Suisse.</p> <p>Ensuite parce que La Poste est très appréciée en France. Il y a la qualité. Et elle appartient à la collectivité. Mais enfin et surtout parce que les usagers constatent la dégradation qui s'y opère...</p> <p>Mais en même temps, un sentiment d'immense gâchis. Parce que cette votation, organisée par un comité qui représente ce qu'on peut appeler le « peuple de gauche », c'est-à-dire plus de cinquante partis, syndicats et associations, n'a pas eu de suite, par exemple, en organisant une grande manifestation à Paris ou dans les plus grandes villes de France. Les grandes forces syndicales ou politiques, notamment le Parti Socialiste et la Confédération générale des travailleurs (CGT), ne l'ont pas voulu.</p> <p>Je ne sais pas si nous aurions gagné. Mais il vaut mieux perdre un combat en étant allé jusqu'au bout. Ceci dit, tout n'est pas perdu. Et même tout commence... En effet, nous avons convaincu l'opinion publique que c'était une privatisation. Et l'opinion publique sera attentive à ce qui va se passer. Très vite, peut être.</p> <p>Je pense que la première victime sera le réseau postal. Un projet de cession des bureaux les moins rentables aux régions était déjà sur le bureau de Nicolas Sarkozy avant le projet de loi. Alors peut-être que l'année prochaine, nous pourrons vous annoncer une victoire. Ou alors, il ne se serait rien passé après la privatisation, mais je n'y crois pas. Les liens qui se sont créés à l'occasion de cette campagne devront perdurer.</p> <p>Sur la question de l'international, je voulais insister sur la nécessité de se coordonner car les politiques de nos directions d'entreprises présentent des similitudes qui nécessitent d'échanger largement sur cet aspect. De ce point de vue, le mouvement syndical a des dizaines d'années de retard. Et les structures internationales du mouvement syndical ne se préoccupent pas de cette question.</p> <p>En ce qui concerne La Poste française, je voulais pointer du doigt quatre axes stratégiques menés par la direction qui ont dégradé le rapport de forces ces dernières années. Cela pourrait s'appeler : comment détruire en quelques années un service public de l'intérieur ? <br /><img src="http://www.suisse.attac.org/puce.gif" width="8" height="11" class="puce" alt="-" /> 1. La remise en cause des droits des personnels ; <br /><img src="http://www.suisse.attac.org/puce.gif" width="8" height="11" class="puce" alt="-" /> 2. La généralisation du « management de proximité » , symbole de l'autoritarisme ; <br /><img src="http://www.suisse.attac.org/puce.gif" width="8" height="11" class="puce" alt="-" /> 3. Ce que j'appelle, en forme de clin d'œil, la « révolution permanente » qui est en fait la restructuration permanente, le reengineering en anglais ; <br /><img src="http://www.suisse.attac.org/puce.gif" width="8" height="11" class="puce" alt="-" /> 4. Ce que nos dirigeants ont conceptualisé, en France, autour de la notion du « dialogue social ».</p> <p>Sur le premier point, le recrutement de personnel de droit privé a débuté dans les années '95. Il y a aujourd'hui 165'000 fonctionnaires et 110'000 personnels de droit privé. Pour prendre mon exemple, je gagne, après 33 ans de carrière, environ 1'800 euros net (2'500 francs suisses environ). Le collègue de droit privé gagnera environ 5 à 600 euro de moins. Sans commentaire !</p> <p>Concernant le management de proximité, cette stratégie a introduit une coupure entre les agents et la hiérarchie. Antérieurement, tout le monde allait dans le même sens, ou à peu près, pour le service public. Aujourd'hui, la hiérarchie a des obligations et des missions : noter les agents, alors qu'auparavant c'était le chef de centre, déployer la politique de l'entreprise à travers par exemple les espaces temps communication (ETC), les « points com » qui durent quelques minutes à la prise de service. Au guichet, c'est le coaching qui règne, avec le directeur qui surveille et « conseille » les agents sur la vente aux « clients ». Visiblement, c'est un phénomène général qui nécessite une réflexion sur le travail en direction de l'encadrement. En effet, pour défendre un agent (pour sa notation par exemple), vous êtes obligés de remonter toute la chaîne hiérarchique et vous vous retrouvez tout de suite à remettre en cause le jugement du chef d'équipe. Alors que ce dernier obéit aux consignes générales...</p> <p>La « restructuration permanente » est un autre aspect du conditionnement idéologique. C'est une véritable idéologie et stratégie dans la mesure où, au lieu de réorganiser une fois pour toutes un service dans l'année, vous subissez deux ou trois réorganisations dans la même année. Une fois parce qu'on vous installe de nouveaux casiers, une seconde fois parce qu'on vous installe des machines de tri, une autre fois parce que l'on met en place « Facteurs d'avenir ». Cette stratégie est tellement élaborée que nos grands dirigeants l'ont institutionnalisée et systématisée. C'est la « latéralisation ». Pour faire vite, je dirai que pour faire passer des projets importants, les responsables proposent une série de discussions sur des sujets mineurs, sujets qui vont accaparer l'attention du personnel, notamment avec la mise en place de groupes de travail. Vous ne pensez plus qu'à ces sujets périphériques... L'échec de la lutte de la privatisation réside aussi, en partie, dans cette stratégie.</p> <p>Enfin, et pour finir, ce concept de « dialogue social ». Ce n'est pas un hasard si on ne parle plus de négociation. On dialogue. C'est un autre axe qui vise à contourner les organisations syndicales. Ainsi, lorsque l'annonce de la fermeture de mon centre a été faite, je l'ai appris au même moment, sur mon portable, que les agents de mon centre. J'étais en réunion sur ce sujet avec la direction alors que les agents étaient réunis en « ETC » sur ce sujet au même moment ! Cette stratégie vise à contourner les organisations syndicales, les « appareils » sans que ce mot soit péjoratif. Ce qui n'empêche pas la répression syndicale contre les militants. Les « appareils » sont invités à discuter, mais la base doit se taire. De fait, même l'existence d'un syndicat radical ne résout pas tout. La question est d'arriver à prendre du recul sur cette institutionnalisation pour que les syndicats parviennent à réunir les personnels sur leurs problèmes, sans être « englués » dans ce dialogue social fait de réunions à un rythme d'ailleurs très soutenu.</p> <p>Tout cela pour dire que nous avons beaucoup de retard. Nos patrons travaillent ensemble et développent les mêmes stratégies. A nous de faire de même !</p> <p>Bâle, le 8 février 2010.</p> 2010-02-18T13:55:36Z text/html fr Brochure "Pour une justice écologique, libérons le climat des marchés financiers" http://www.suisse.attac.org/Pour-une-justice-ecologique <p>Depuis quelques années, le développement d'une crise écologique globale affectant l'avenir des habitants de la planète est devenu une évidence. L'ampleur de la crise a été démontrée par les travaux du Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat (GIEC) qui, dans des rapports successifs, a précisé la réalité du réchauffement climatique global et en a identifié la cause principale : l'augmentation de la teneur de l'atmosphère en gaz à effet de serre, en premier lieu le dioxyde de carbone (CO2) issu principalement de l'utilisation toujours croissante des combustibles fossiles. D'autres éléments participent à la dégradation de l'environnement : la déforestation, l'épuisement et la pollution des sols, la pollution de l'air et de l'eau.</p> <p>Le cadre naturel, qui a permis à l'humanité de se développer pendant des millénaires, devient source de problèmes (sécheresses, famines, maladies, migrations de populations, guerres pour les ressources). Les effets sur les autres espèces vivantes ne sont pas moins préoccupants : diminution de la biodiversité, désertification, dégradation des écosystèmes, tous ayant des répercussions sur la qualité de la vie humaine et, à terme, sur sa pérennité. La crise climatique révèle la profondeur de la crise écologique globale. Elle apparaît aujourd'hui comme la condensation des limites et contradictions d'un modèle d'organisation des sociétés que la planète ne peut plus supporter. C'est la possibilité de vivre dans des sociétés construites sur des valeurs de liberté, de solidarité, de justice sociale et de démocratie qui est menacée. La globalisation économique et l'extension du capitalisme à l'échelle du monde ont considérablement accéléré un processus déjà à l'œuvre depuis près de deux siècles. Cette crise résulte d'un double mouvement lié à une double croyance. La première consiste à faire comme si les organisations économiques et sociales, quelles qu'elles soient, pouvaient se construire indépendamment des écosystèmes et pouvaient disposer des ressources de la nature de manière infinie. Elle suppose que les innovations pourraient permettre de substituer des moyens techniques aux défaillances de la nature, voire de créer une seconde nature par manipulations et transformations successives. La deuxième, contemporaine de la naissance du capitalisme, consiste à faire comme si l'économie et les forces possédantes et dominantes pouvaient indéfiniment, au nom de la rentabilité, du profit, du progrès (voire du « socialisme »), s'approprier et se soumettre les sociétés réduites à des champs d'expansion du capital.</p> <p>Les politiques néolibérales et la globalisation économique, en permettant l'extension de ce mode productiviste à l'ensemble de la planète, ont accru et accéléré la pression sur les ressources à un point inimaginable. La globalisation, en s'attaquant à toutes les limites qui s'opposent à la marchandisation et à la croissance infinies, a paradoxalement révélé les limites écologiques du monde. La simultanéité de l'explosion des déséquilibres financiers, sociaux, agricoles, écologiques n'est pas un hasard de calendrier, mais le signe des limites atteintes par ce système. La logique économique de rentabilité à court terme, la maximisation du profit et de la rémunération des actionnaires, le libre-échange et la concurrence se sont imposés à l'ensemble des sociétés et ont soumis ou tenté de soumettre l'ensemble de la vie sociale à cette dynamique prédatrice. Cela aboutit à une exacerbation de l'exploitation des travailleurs, au pillage de la planète, à la précarisation et à la disparition de millions de paysans et paysannes, à la condamnation à l'exil et à l'errance de populations déracinées toujours plus nombreuses.</p> <p>En ce sens, la crise climatique est bien plus qu'une crise environnementale, elle est une crise de la domination de l'économie sur l'ensemble de la vie sociale et politique, domination que le néolibéralisme a porté à son extrême en en faisant un véritable projet politique. La crise sociale et la crise environnementale ne sont pas les conséquences d'une crise économique qui aurait sa propre logique interne, coupée de la société et de son environnement ; elles sont les composantes d'une crise globale qui est celle d'un modèle de société ayant fait de l'organisation économique, ici la lutte pour le profit et la rentabilité immédiate, l'essence des sociétés.</p> <p>Mais, loin de désarmer, les néolibéraux enfourchent désormais l'argument de la crise climatique elle-même pour en faire une nouvelle « opportunité » de croissance économique et de valorisation financière, une écologie de marché, une écologie financière. Le protocole de Kyoto, qui fut certes le premier pas significatif d'une négociation internationale sous l'égide de l'ONU, a ouvert la voie en ce sens. Pourtant, le rapport du PNUD 2007-2008 souligne qu' « une des plus dures leçons enseignées par le changement climatique est que le modèle économique des pays riches qui pousse la croissance et la consommation qui va avec, est écologiquement insoutenable ». La conférence de Copenhague en décembre 2009, qui doit mettre en place l'après-Kyoto, met en jeu le sauvetage de la planète et sa réparation en même temps que les choix des sociétés, les formes de la coopération internationale entre le Nord et le Sud, les modalités de répartition de la richesse, la justice sociale, la gestion des biens publics et des biens communs.</p> <p>Attac a fait de l'urgence climatique et de la justice climatique une de ses priorités de campagne et d'éducation populaire. Cette brochure s'inscrit dans la continuité de ses travaux et de ses combats et s'attache à montrer et expliciter les enjeux du financement du changement climatique, enjeux écologiques, économiques, sociaux et politiques. C'est une démarche essentielle pour s'approprier des débats qui ne peuvent être laissés seulement à des experts et pour pouvoir conjuguer écologie et solidarité, écologie et justice, écologie et démocratie. Il serait suicidaire d'oublier que la question climatique, devenue une des priorités planétaires incontestables, est d'abord et avant tout le fruit d'alertes et de travaux remarquables de la communauté scientifique académique au premier chef, mais aussi de travaux permanents de contre-expertises indépendantes et citoyennes contrebalançant les discours des gouvernements et des transnationales de tous les secteurs peu enclins à remettre à plat nos modèles de développement.</p> 2010-02-18T13:55:17Z text/html fr