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A propos du débat au sein d’attac et du mouvement altermondialiste.
Plusieurs membres d’attac France ont décidé de se lancer dans l’arène
électorale en présentant, pour les élections européennes, des listes
« 100% altermondialiste » sur la base des propositions d’attac. attac
suisse aimerait préciser qu’il s’agit d’une démarche qui n’engage
attac suisse ni de près ni de loin, et que nous regrettons que cette
démarche ait été entreprise sans aucune consultation au sein du
réseau international d’attac, engendrant ainsi le risque que le
mouvement attac dans son ensemble soit désormais identifié à des
listes électorales qui utilisent la notoriété, la richesse et le
crédit du mouvement altermondialiste dans son ensemble.
A cette occasion, nous aimerions rappeler quelques principes qui
conduisent l’action d’attac suisse :
le rôle d’attac, en tant que « mouvement d’éducation populaire
tournée vers l’action », est en première ligne de contribuer à créer
des mobilisations sociales afin de peser sur les rapports de force
dans nos sociétés ;
le rapport d’attac au « politique » ne se résume pas à son
expression électorale et est une question ouverte au sein du
mouvement altermondialiste. attac même est un mouvement ouvert qui
regroupe des personnes avec des horizons et traditions politiques
variés et différents. Cette pluralité des opinions est justement une
des forces d’attac ;
en aucun cas nous ne croyons que cette question puisse se résoudre
en court-circuitant le processus complexe d’articulation et de
redéfinition qui s’opère actuellement dans la gauche européenne par
des initiatives hâtives, coupées des forces sociales en mouvement,
qui donnent l’impression erronée qu’attac détiendrait le monopole des
idées altermondialistes, et qui risquent donc fortement de diviser le
mouvement. C’est bien pour cette raison que les attac d’Europe,
réunis en Grèce en octobre 2003, avaient pris la décision de ne pas
se présenter à des élections.
Ce débat doit rester vivant au sein du mouvement. Nous nous
réjouissons donc qu’attac France ait décidé d’en discuter
publiquement.
La Coordination d’attac suisse, 5 mai 2004
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