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A l’occasion de l’assemblée des actionnaires de Nestlé, qui se tient aujourd’hui à Lausanne, un représentant syndical colombien interviendra pour dénoncer la situation insupportable qui règne dans les fabriques de Nestlé en Colombie.
Il exigera de Nestlé le respect des droits de l’homme et des droits du travail et demandera que la multinationale renonce, dans ce pays, à toute action qui pourrait donner lieu à des menaces envers les membres de syndicats. Stefan Suhner du groupe de travail Suisse-Colombie remettra au patron de Nestlé, Peter Brabeck, une lettre faisant par de ces revendications et signée par diverses organisations et plusieurs membres du Parlement suisse (liste voir ci-dessous). Des tracts seront distribués à l’entrée pour demander aux actionnaires d’intervenir sans plus tarder.

- Nestlé ment !
Antécédents
Il y a une année, lors de l’assemblée des actionnaires de Nestlé, le groupe de travail Suisse-Colombie, le Syndicat industrie & bâtiment et le mouvement attac ont distribué une pétition pour faire connaître les agissements de la multinationale en Colombie et sont également intervenus en cours de séance. Forte de quelque 2600 signatures, la pétition remise entre-temps dénonçait diverses pratiques illégales de Nestlé en Colombie (falsification d’étiquettes concernant du lait en poudre périmé, pollution de l’environnement) et invitait Nestlé à respecter les lois colombiennes et à suivre ses propres principes d’entreprise. Un violent conflit du travail, qui durait depuis un an déjà à l’époque, faisait en effet particulièrement souci ; des menaces de mort avaient même été proférées à l’encontre de syndicalistes.
Le syndicat Sinaltrainal avait demandé à plusieurs reprises à Nestlé de se prononcer contre ces menaces. Mais jusqu’à ce jour, Nestlé s’est refusée à intervenir pour assurer la sécurité de ses travailleurs. Au contraire, Nestlé a même aggravé le danger pour les syndicalistes en répandant des rumeurs et en faisant d’eux des boucs émissaires.
Que s’est-il passé après notre intervention ?
Nestlé a eu recours à une solution radicale pour mettre fin, le 17 septembre 2003, au conflit du travail dans sa fabrique de Cicolac ; 180 des 192 travailleurs au bénéfice d’un contrat fixe ont été soumis à d’énormes pressions et à des menaces pour les forcer à démissionner « de leur plein gré ». Nestlé conteste tout recours à des moyens de pression, mais les témoignages dont nous disposons confirment que les travailleurs ont été retenus sous la contrainte, jusqu’à ce qu’ils remettent leur démission « volontaire », et menacés d’être licenciés à des conditions bien moins favorables s’ils refusaient de signer.
Par ces licenciements en masse, Nestlé a quasiment détruit la section syndicale de l’entreprise Cicolac. Sur les quelque 200 membres du syndicat qu’il y avait à l’origine, il ne reste plus qu’un seul travailleur syndiqué !
Depuis cette date, la production de Cicolac est assurée par 190 travailleurs temporaires, engagés par Adecco ; ils ne gagnent que le salaire minimal de 332’000 pesos (environ 150 Fr. alors qu’auparavant les employés sous contrat fixe touchaient environ 500 Fr.) et ne sont pas autorisés à s’organiser.
Durant les derniers mois, Nestlé a lancé, auprès des autorités, des institutions sociales et de la population, une campagne négative contre le syndicat Sinaltrainal, accusant ce dernier d’être responsable de la mauvaise marche des affaires et de la possible fermeture de la fabrique qui pourrait en découler. Par cette manoeuvre, Nestlé tente, d’une part, d’isoler et d’affaiblir le syndicat et, d’autre part, d’encourager à son encontre les actes d’intimidation. Au cours des derniers mois, divers représentants du syndicat ont en effet été la cible de sérieuses menaces de la part de groupes paramilitaires.
Nous sommes choqués
de la façon éhontée et amorale avec laquelle une multinationale aussi riche que Nestlé mène sa politique d’optimisation des bénéfices aux dépens des plus faibles et profite sans scrupule de la situation violente en Colombie ! Jusqu’ici, Nestlé a contesté toutes ces critiques, malgré les preuves, et a imperturbablement poursuivi sa politique de destruction dans ce pays.

Nous protestons contre
le fait que les syndicalistes soient la cible de menaces de mort et que la sécurité économique de centaines de familles soit sapée seulement pour que Nestlé puisse augmenter ses bénéfices !
Nous exigeons de Nestlé
qu’elle suive sans restrictions ses propres principes d’entreprise ; respecte dans tous les cas les lois nationales et les normes et conventions internationales et s’abstienne de toutes menaces ou pression pendant les negociations ; offre des conditions de travail garantissant aux travailleurs et à leur famille une vie convenable et renonce à toute action qui pourrait générer des menaces envers les travailleurs et les membres du syndicat. En plus, Nestlé doit condamner publiquement toute menace et utilisation de la violence des groupes armés à l’encontre des syndicalistes, travailleurs et travailleuses de Nestlé et reconnaître la légitimité du syndicat à l’interieur du partenariat social.
Ces revendications seront remises à l’assemblée des actionnaires de Nestlé, sous la forme d’une lettre ouverte signée par différentes organisations et des parlementaires suisses (liste des signataires voir ci-dessous).
Avril 2004,
groupe de travail Suisse-Colombie, Syndicat industrie & bâtiment, attac Suisse
Plus d’informations sur la campagne en cours sur la Colombie www.colonialismus.ch
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