Attac Suisse
International | Deutsch | Français | Italiano
 
     
Accueil Présentation Campagnes Documents   Livres et matériel Soutien Synergies Contacts & particper
Accueil >> Campagnes >> Initiative pour une taxation des gains en capital  
Taxation des transactions financières : Cinquième partie

Privatisations et démantèlement social

L’autre facette de la libéralisation des marchés financiers

La liberté totale de circulation du capital influence les politiques des gouvernements. La menace d’un retrait des investissements financiers les conduit à se plier aux souhaits et aux intérêts des actionnaires. Cela d’autant plus qu’aujourd’hui les investisseurs n’agissent plus comme de petits actionnaires mais sous la forme concentrée des « investisseurs institutionnels » : les grandes assurances et les fonds d’investissement, comme les caisses de pension.. Ces actionnaires déterminent ce qui se passe sur les marchés financiers. Ils favorisent une politique gouvernementale s’orientant vers les intérêts des actionnaires : des taux d’intérêt élevés et des taxes pratiquement inexistantes pour le capital, une priorité absolue pour la stabilité des prix au dépens de l’emploi et l’arrivée des systèmes d’assurances sociales sur les marchés financiers. En bref, l’élimination de tous les droits arrachés au capital au cours de luttes difficiles ces cent dernières années.

La libéralisation de la circulation du capital n’est donc pas simplement une mesure comme les autres : elle est à la base d’un large projet de contre-réformes. On peut déjà en voir le résultat, alors que cette libéralisation n’est de loin pas achevée : les riches peuvent s’acheter des assurances sociales et des services sur le marché, les pauvres n’en ont pas les moyens et vivent dans la précarité.

Tout ce qui est rentable est privatisable

En ce moment, tous les pays membres de l’OCDE appliquent cette politique et sont entrés dans une sorte de course à la baisse d’impôts. Ainsi, les rentrée fiscales sont reportées sur les salaires et la TVA. De plus, le ralentissement de la croissance économique et la montée du chômage diminuent aussi les rentrées fiscales de l’Etat, qui ne peut plus couvrir les dépenses publiques et doit s’endetter. Durant les vingt dernières années, la dette publique des pays industrialisés a atteint des sommes astronomiques.

Dans ce contexte de contraintes budgétaires, nous assistons à une vague de privatisations, qui ne sont certes pas à leur fin, comme le montrent les négociations de l’OMC sur le secteur des services (Accord Général du Commerce des Services, AGCS). La plus grande partie des dépenses budgétaires va dans des domaines qui étaient jusqu’à présent protégés des marchés et pris en charge par les services publics. Cela explique pourquoi les gros investisseurs exigent non seulement des baisses d’impôts, mais aussi la dérégulation et la privatisation des services publics, afin de pouvoir investir dans ces secteurs (potentiellement) rentables. Les rachats d’entreprises publiques ont quintuplé entre 1990 et 1997 ( ils ont passé de 30 à 154 milliards) et plus de doublé au cours de l’année 1995.

Les tâches publiques ont été prises en charge par des acteurs privés à la recherche de profits et les entreprises d’Etat, se retrouvant en concurrence face à plusieurs fournisseurs, sont aujourd’hui obligées d’augmenter leurs profits, donc d’augmenter leurs prix jusqu’aux limites du possible et de supprimer les offres non rentables. Tout ce qui peut être mis sur le marché et rapporter un profit décisif à l’entrepreneur est privatisable. : les secteurs déjà rentables aujourd’hui ( Swisscom, le secteur de l’énergie) ou qui, tels que la Poste et les CFF, peuvent devenir rentables par l’élimination des secteurs déficitaires, la diminution des coûts du personnel et les contraintes de rationalisation (notamment dans les secteurs de la santé et del’éducation).

Le service public contre la logique des marchés financiers.

Les effets de cette dynamique sur des millions d’êtres humains sont visibles partout : en Turquie par exemple, la nouvelle politique d’austérité prévoit une vague de privatisations

En janvier 2001, le Plan Gygi prévoyait la suppression d’un grand nombre de bureaux de poste à l’écart du monde globalisé, et démontre que ce secteur doit ce préparer aux exigences des futurs investisseurs. La Poste doit pouvoir assurer aux investisseurs un chiffre d’affaires de 10% et faire face à la Deutsche Post et à d’autres géants européens.

Dans un système économique qui est de moins en moins en mesure de pourvoir aux besoins fondamentaux et dans lequel les besoins sociaux sont remplis uniquement s’ils répondent à une demande solvable, il est grand temps de renverser radicalement cette logique et de remettre les éléments du droit et de la démocratie au milieu du débat, en maintenant et en élargissant le service public au droit au travail, au logement, à la santé, à l’éducation. Cela signifie que l’accès à des services de qualité doit être garanti à tous les citoyens, quel que soit leur âge, leur revenu et leur domicile. Le financement de ces services doit être assuré par un principe de solidarité, et non par la logique des marchés : l’impôt sur les gains en capital est un premier pas dans cette direction.

 

 

A propos de cet article  

Mis en ligne le 19 mai 2002

Traductions existantes

Au format d'impression:

 
Dans les pages Initiative pour une taxation des gains en capital  

Les autres articles:

Taxation des gains en capital : Septième partie

Taxation des gains en capital : Sixième partie

Taxation des transactions financières : Cinquième partie

Taxation des gains en capital : Quatrième partie

Taxation des gains en capital : troisième partie

Taxation des gains en capital : Deuxième partie

 

Retour aux pages Initiative pour une taxation des gains en capital

Haut de page

Copleft (L) ATTAC-Suisse Rue des Savoises, 15 1205 Genève - Tel: ++41 22 800 10 40 Fax: ++41 21 625 34 45 suisse@attac.org
Reproduction autorisée en mentionnant l'adresse du site internet http://www.suisse.attac.org/
Site réalisé avec SPIP