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Pendant la nuit du lundi 10 septembre, les forces de l’ordre marocaines sont intervenues pour casser les piquets de grève organisés par les mineurs de Jbel Aouam (Moyen-Atlas, Maroc), en grève depuis le 4 juillet dernier pour lutter contre la précarisation de leur statut et les compressions de personnel. Après avoir joué le pourrissement de la lutte, la Société minière, désarçonnée par la détermination des mineurs et de leurs familles, tente maintenant par la force de relancer la production tout en faisant la sourde oreille aux revendications des mineurs.
Les forces de l’ordre ont laissé derrière elles de nombreux blessés et ont opéré de multiples arrestations. Si les femmes arrêtées ont été maintenant relâchées, ce sont encore 29 mineurs qui sont en détention et ont été transférés dans la ville de Khénifra (à une trentaine de kilomètres de Jbel Aouam). Le mardi 11 septembre au matin, plus d’un millier de citoyennes et citoyens, accompagnés de leurs enfants, se sont rassemblés devant la caserne de gendarmerie de Mrirt, réclamant la libération des ouvriers arrêtés et leur retour dans leurs foyers.
Le pouvoir a été largement désavoué par l’abstention massive des électeurs marocains lors du scrutin législatif du vendredi 7 septembre (10 millions d’électeurs n’ont pas votés et on compte 1 million de bulletins blancs). Il n’en poursuit pas moins sa politique d’ignorance et de mépris pour les souffrances du peuple marocain : les prix du pain et de l’huile ont augmenté dès le lendemain des élections, alors qu’un tiers de la population vit en dessous du seuil de pauvreté. Il répond par la répression, la matraque et les procès aux revendications légitimes des travailleurs et bâillonne la liberté d’expression en poursuivant en justice grévistes, manifestants et journalistes.
Attac Maroc salue la maturité du peuple marocain qui refuse d’apporter sa caution à une démocratie de carton-pâte qui se déchire à la première revendication portée sur la place publique d’une reconnaissance des droits des citoyens à la satisfaction de leurs besoins élémentaires, à l’accès aux services de base et au respect de leur dignité.
L’association marocaine salue également la détermination des populations de plus en plus nombreuses qui, comme à Bouarfa, Ifni, Tata et bien d’autres villes et villages du pays, revendiquent leur accès à l’eau, à la santé et à l’école et refusent ce Maroc à deux vitesses, ouvert d’un côté aux appétits du capital mondialisé tandis que de l’autre, la plus grande partie du pays est marginalisée et laissée à l’abandon.
Attac Maroc dénonce une escalade de la répression qui ne peut en aucun cas résoudre les problèmes structurels que vit le pays et réaffirme son engagement auprès des populations en lutte pour la satisfaction de leurs revendications légitimes.
L’organisation réaffirme sa solidarité entière aux côtés des mineurs de Jbel Aouam et de leurs familles pour la libération de tous les mineurs arrêtés, le respect du droit de grève ainsi que du droit à travailler dans la dignité et la sécurité avec des salaires décents et des contrats pérennes.
Attac Maroc appelle à la solidarité internationale des travailleurs aux côtés des mineurs de Jbel Aouam et de leurs familles.
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