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Dans le tract distribué pendant la manifestation, on peut lire le résumé suivant :
« En Suisse, les requérant.e.s d’asile débouté.e.s ansi que les personnes frappées de Non Entrée en Matière (NEM) n’ont pas le droit de travailler et vivent dans des logements collectifs avec une aide d’urgence minimale et insuffisante pour survivre. Ceux et celles qui ont obtenu une admission provisoire (permis F) ont peu de chance de trouver du travail, un appartement ou une place d’apprentissage. Les femmes et les hommes sans papiers vivent dans l’ombre, sans droits ni protection. Toutes ces personnes survivent avec la peur constante d’être expulsées. Nous ne sommes pas prêts à accepter cela ! Pendant que d’autres pays européens débattent et mettent en Å“uvre des régularisations collectives, en Suisse, cela reste un tabou. Aujourd’hui, nous revendiquons : 1. Une régularisation collective ; 2. L’arrêt immédiat des expulsions ; 3. La mise en Å“uvre des articles sur les cas de rigueur ; 4. Le droit au regroupement familial. »
Sous cette perspective, de nombreuses organisations et personnes travaillant dans le domaine de la migration et de l’asile ont manifesté pour les droits fondamentaux des migrant.e.s. Ce qui a sauté aux yeux : il y avait bien des organisations et personnes solidaires avec les migrant.e.s, mais la majorité des manifestant.e.s étaient des requérant.e.s d’asile, des personnes frappées de NEM, des sans papiers, bref, des personnes touchées par les lois qui les obligent à une vie indigne et sans perspectives.
Le message de cette manifestation était clair : les migrant.e.s en ont marre de leurs conditions de vie et de travail précaires, ils veulent les mêmes droits de participation que les Suisses, notamment le droit à la participation à la vie politique, le droit à l’accès complet aux assurances sociales, sans crainte d’expulsion, le droit de l’asile comme droit humain, etc. Et encore : une large partie de la population suisse en a également marre de voir la vie de son voisin, de son collègue de travail et de son ami détériorée par une législation xénophobe, voire raciste. C’était un autre message de cette manifestation : des groupes de solidarité se constituent et appuient le collectif dans le travail quotidien de leur lutte.
Des revendications limitées mais concrètes
Si les revendications qui paraissent dans le tract principal semblent demander la lune, les différents mouvements régionaux ont toujours demandé des améliorations minimales pour que les conditions de vie des concerné.e.s s’améliorent dans l’immédiat. Comme par exemple le collectif des réfugiés somaliens de Zurich : la communauté somalienne se voit depuis toujours refuser la demande d’asile, mais à cause de raisons déraisonnables, leur renvoi n’est pas possible. Ces personnes vivent depuis plusieurs années avec un permis F, sans savoir combien de temps elles peuvent encore rester en Suisse et dans des conditions de travail hyper-précaires (salaire très bas, travail sur appel et temporaire etc.). « Comment nourrir mes deux enfants, si avec un permis F je ne trouve pas un travail décent ? » se demande une femme somalienne. Ainsi, le collectif revendique la mutation immédiate de leur permis F en permis B.
Dans un autre tract distribué lors de la manifestation, on peut lire :
« Si l’on ne veut pas se limiter à des dénonciations générales, certes nécessaires, l’ensemble des organisations et associations favorables aux pleins droits politiques, sociaux et économiques, devraient se mobiliser sur ces revendications limitées mais concrètes. Toutes renvoient à des droits fondamentaux. »
Outre des revendications générales qui requièrent une mobilisation de masse, il faut réfléchir à des revendications qui font vivre les personnes concernées, dans l’immédiat, plus dignement, c’est-à -dire des mesures qui améliorent la vie des migrant.e.s hic et nunc, comme celles du collectif somalien de Zurich. D’autres mesures pourraient être l’attribution de certificats cantonaux de capacité (des CCC) ou des certificats municipaux de capacité (CMC) (le CFC ne pouvant pas leur être délivré selon les normes « fédérales »), la reconnaissance officielle des apprentissages accomplis par des jeunes sans-papiers, l’accès intégral aux soins, à l’échelle cantonale etc.
La nécessité de coordonner les actions
Le collectif « droit de rester » compte aujourd’hui une centaine d’associations et d’organisations travaillant dans le domaine de la migration et de l’asile. Pour les mobilisations et actions futures, il est nécessaire de se coordonner : organiser des manifestations ultérieures dans chaque localité au même moment, présenter les mêmes revendications, comme par exemple la transformation du permis F en permis B, aux autorités cantonales et municipales au même moment ou encore organiser, au niveau national, l’occupation d’une église. Tout peut servir de bras de levier pour lutter contre la sélection de l’immigration choisie, de la clandestinité imposée, de la régularisation et de l’expulsion choisies, mais aussi pour lutter contre le danger de la résignation.
Maurizio Coppola
Collectifs régionaux :
Bleiberechtkollektiv Zürich : alle@bleiberecht.ch
Bleiberechtkollektiv Bern : bern@bleiberechtfueralle.ch
Collectif autonome des immigré.e.s Fribourg : csi.sos_racisme@bluewin.ch
Groupe action des Etats Généraux, Lausanne : lausanne@stoprenvoi.ch
www.bleiberechtfueralle.ch – www.droitderester.ch – PC : 60-244887-5
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