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Acceptation avec conséquences
La 2ème réforme de l’imposition des entreprises a été acceptée. Malgré le résultat serré, les partis bourgeois ont réussi à tromper le peuple. A l’avenir, la charge fiscale des gros actionnaires et des sociétés de capitaux qui font d’importants bénéfices - et celles-là uniquement ! - sera allégée. De plus, toutes les promesses de revalorisations salariales et de création d’emplois des défenseurs de cette réforme seront déçues. En effet, les 17 cantons qui ont déjà mis en place une imposition partielle des dividendes n’ont pas profité d’une plus grande croissance économique que les autres cantons.
Cette réforme renforce une nouvelle fois la tendance aux contre-réformes fiscales des 30 dernières années : les allègements fiscaux ne touchent que les grandes fortunes, les détenteurs de capitaux et les entreprises. Ainsi, la charge fiscale est toujours davantage supportée par les travailleuses et les travailleurs, les bas revenus et les rentiers.
Une campagne déséquilibrée
Il était clair dès le début que le combat contre cette réforme serait rude. D’une part, le budget inégal (200’000 francs pour le comité pour le NON, entre 6 et 10 millions du côté du OUI) a donné l’avantage aux partisans de la (contre-)réforme. D’autre part, les grands partis opposés à la réforme ont fait des propositions totalement incompréhensibles. Ainsi, la motion Fetz (de la conseillère aux États bâloise Anita Fetz) contient des contre-propositions plutôt déconcertantes. Si elle suggère de conserver les réformes apportant une réelle amélioration pour les PME (allègement fiscal lors de successions, diminution de l’impôt sur les bénéfices de liquidation, etc.), elle inclut aussi un projet d’imposition partielle des dividendes à 80% ! Une telle position fait le lit des politiques fiscales bourgeoises et ne propose aucune alternative pour un système fiscal plus juste.
C’est ce que la campagne d’attac suisse s’est attachée à faire en replaçant cette votation dans un contexte plus global de contre-réformes fiscales. Attac a cherché à démontrer comment la concurrence fiscale et les allègements fiscaux pour les plus fortunés ainsi que pour les détenteurs de capitaux ont transformé, durant les trois dernières décennies, les revenus du travail des salarié-e-s en revenus sur la fortune des plus riches.
La campagne « fiscalité » d’attac suisse ne s’arrête pas là !
Le combat d’attac suisse contre la politique des caisses vides ne prend pas fin avec cette défaite dans les urnes. Au contraire : les contre-réformes fiscales déjà planifiées (uniformisation de la TVA à 6,1% et abolition de l’impôt sur les bénéfices des entreprises proposée par l’UDC) seront à notre programme de sensibilisation. Nous nous appuierons pour ce faire sur le matériel de campagne (DVD, livre, brochure abordant la problématique des impôts) et continuerons d’occuper le terrain avec des présentations et des débats publics. Le point central de notre propos restera non seulement la critique de la concurrence fiscale intercantonale et internationale, mais touchera aussi la position de la Suisse en tant que paradis fiscal et les règles juridiques qui favorisent l’abaissement des impôts sur les capitaux et la fortune. Nous nous battrons pour une politique fiscale soutenable qui renforce les services publics au bénéfice de la collectivité. Nous nous battrons pour une politique dont le but est un partage équitable des richesses au niveau international.
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