1. Roland Decorvet a insisté sur l’importance des partenariats public-privé dans le développement du tissu économique suisse. Que comprendre, si ce n’est que Nestlé cherche à obtenir plus de parts dans le gâteau économique, soit en demandant à l’Etat de lui mettre à disposition des infrastructures à des prix avantageux, soit en lui demandant de lui rétrocéder des parts de marché qu’il contrôle actuellement ? On peut penser notamment à la distribution de l’eau, qui est un secteur dans lequel Nestlé a des visées.
2. La politique régionale de la Suisse doit plus impliquer les acteurs économiques, dont il est trop peu question dans les textes légaux : le lobbying des grandes entreprises en politique est pourtant une réalité déjà existante. Demander une plus grande participation, c’est demander que les projets de lois s’élaborent directement avec eux, en-dehors des procédures habituelles du système parlementaire.
3. La nouvelle figure de Nestlé en Suisse en a profité pour revenir sur l’importance des accords de libre-échange avec l’Union européenne pour la survie de ses activités dans son pays d’origine. On arrive là au cÅ“ur du débat : les accords de l’OMC ayant échoué, Nestlé demande l’ouverture des frontières avec l’Union européenne, le prix des matières premières en Suisse [étant] près de deux fois celui des marchés
mondiaux. Il demande la disparition des barrières douanières sur l’importation des matières agricoles.
C’est un abandon pur et simple de l’agriculture suisse que demande Nestlé, en exigeant de pouvoir importer librement des produits étrangers meilleur marchés. Que deviendra l’agriculture suisse ? Roland Decorvet plaide en faveur de mesures d’accompagnement, qui permettraient d’amortir le choc de l’ouverture des marchés. Autrement dit, il sera de la responsabilité de l’Etat de payer aux agriculteurs ce que Nestlé ne veut plus payer.
On ne peux pas être plus clair sur la conception de l’Etat que se fait Nestlé : une institution au service des grandes entreprises et de leurs bénéfices !