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Le premier forum social mondial a eu lieu en 2001 à Porto Alegre, au Brésil, pour contrer le Forum économique mondial (WEF) de Davos. Le WEF réunit chaque année les plus grandes entreprises et les principaux leaders politiques. Outre la partie officielle du forum, qui comprendra cette année une mini ministérielle de l’OMC, le WEF est aussi l’occasion de faire avancer le business lors de rencontres plus discrètes. Le forum social mondial (FSM), quant à lui, a vocation à réunir les mouvements sociaux et les actrices et acteurs des luttes, afin de promouvoir les échanges autour d’un “autre monde possible”. La participation au premier forum social mondial a dépassé toute attente, des dizaines de milliers de personnes venues du monde entier se sont réunies à Porto Alegre. Les éditions ultérieures, comme celle de Bombay, de Caracas (Venezuela) et de Bamako (Mali), ont à nouveau offert des centaines de lieux de rencontre et d’ateliers, présentant une grande diversité de thèmes. En 2001, les médias ont donné un écho énorme au FSM, lui accordant presque plus d’attention qu’au WEF. Mais ce rapport en termes de présence médiatique s’est à nouveau inversé depuis.
Le Forum économique mondial a soulevé un large intérêt et beaucoup de critiques dès l’émergence du mouvement altermondialiste au début du siècle. Les recettes néolibérales répétées chaque année à Davos ont certes perdu un peu de leur légitimité en comparaison avec les années 1990. La critique qu’elles suscitent n’est plus systématiquement associée à une ancienne gauche dépassée par la modernité. Cette délégitimisation partielle n’a pourtant pas pu arrêter l’impact des préceptes néolibéraux dans la réalité – la situation d’innombrables êtres humains et populations s’est encore dégradée de manière dramatique ces dernières années. Le fait qu’il semble impossible, au 21e siècle, d’empêcher la famine ou le sida de tuer par millions, est une honte pour l’humanité et une manifestation de la nature profondément corrompue de l’ordre mondial régnant. Parallèlement, les riches se sont encore enrichis, les contradictions sociales apparaissent ainsi dans toute leur brutalité.
Quel avenir pour la critique anti-WEF ?
Le mouvement altermondialiste a bientôt été rattrapé par un mouvement anti-guerre très large à ses débuts, qui a cherché à réagir aux nouvelles guerres impérialistes en Afghanistan et en Irak. Or il n’a pas été possible de stopper ces guerres, malgré la mobilisation de millions de personnes lors des manifestations du 15 février 2003 à travers le monde. Cet échec mine les énergies, notamment parmi les jeunes qui avaient massivement participé à ces protestations. La situation environnementale désastreuse fait elle aussi planer une ombre menaçante sur l’époque présente – étant donné aussi que les big business n’y voient qu’une nouvelle occasion de faire des profits, comme le montre l’exemple de l’eau potable de Bâle, polluée pendant des décennies par la multinationale Novartis, et qui fait aujourd’hui monter les ventes des bouteilles d’eau produites par Nestlé et compagnie.
Comment continuer, dans une telle situation ? Comment lutter pour un autre monde, et pour lequel ? Est-il temps de dessiner des propositions et de se confronter ouvertement aux diverses conceptions en présence ? Les dernières éditions du forum social mondial n’ont que peu contribué à préciser et à clarifier le contenu des propositions. Une telle évolution aurait fait apparaître les divergences, aurait peut-être conduit à diviser certaines composantes du mouvement altermondialiste, très hétérogène par nature. Eviter les confrontations - cette attitude a parfois mené à une tendance à la répétition, à l’enlisement des débats. De plus, les conceptions et les formes d’actions de certaines ONG très établies sont très différentes de celles de groupes de militant-e-s de base, qui – sous l’impact de la brutalité des rapports de force – misent moins sur les appels, pétitions et autres activités de lobby que sur les luttes concrètes sur le terrain.
Le forum social mondial appelle à une journée d’action mondiale
C’est en partie pour réagir à ces difficultés que le forum social mondial a décidé, cette année, de se renouveler : au lieu d’un grand forum central ou polycentrique, il appelle en 2008 à une grande journée d’action décentralisée pour le samedi 26 janvier. Tous les mouvements et courants sont appelés à organiser leurs propres actions, forums et interventions dans le cadre de cette journée. L’expérience nous dira si cette idée sera couronnée de succès. Des appels à participation circulent autour des thèmes les plus divers. Nous espérons voir des actions fortes, peut-être plus visibles et plus proches de la base, contre le néolibéralisme et la guerre – malgré la guerre d’usure que les autorités livrent aux composantes les moins dociles du mouvement, celles qui, de toute manière, n’ont jamais (pu) se rendre aux forums sociaux et qui entendent manifester leurs critiques de l’ordre dominant dans l’espace public de la rue.
L’Autre Davos, la conférence alternative au WEF organisée par attac suisse, avec le soutien d’un grand nombre d’organisations, verra sa huitième édition le samedi 26 janvier au Volkshaus de Zurich. L’Autre Davos prend cette année la forme d’un forum. Sous le signe d’un navire de croisière nommé “MS Néolibéralisme”, les mouvements et organisations sont invités à présenter leurs contenus, les thèmes les plus divers peuvent s’intégrer au motif choisi. Prévu au programme pour l’instant : L’Amérique latine se soulève : Colombie, Chiapas/Mexique, Guatemala, Cuba, Nicaragua, Venezuela, Bolivie... Mais aussi : les marchés financiers – le personnel de bord – les alternatives – la politique alimentaire - une économie axée sur les besoins : un projet pour surmonter le capitalisme, etc...
La journée se terminera par une conférence avec des contributions de Susan George et Christian Felber, personnalités altermondialistes bien connues, Rita Schiavi du syndicat Unia, et Jean Ziegler, auteur du livre L’Empire de la honte et rapporteur spécial des Nations Unies pour le droit à l’alimentation. Susan George interviendra aussi lors du Public Eye on Davos, la conférence de la Déclaration de Berne.
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Attac suisse invite à participer à une croisière satirique à bord du navire de luxe “MS Néolibéralisme”. L’embarquement se fait à partir de 13 heures, avec des attractions tout au long de l’après-midi : shopping à la boutique hors taxe, visite guidée du pont du capitaine qui met le cap sur le néolibéralisme, restauration au buffet de bord généreusement subventionné, présentation de la station météo qui gère les turbulences, encadrement par un personnel diligent et multiculturel, escales dans des pays exotiques et repos sous les palmiers d’une oasis fiscale, ciel bleu garanti et mer paradisiaque (mais pour combien de temps encore ?), escalade du mât (est-ce un iceberg que l’on aperçoit au loin ? Non c’est le sommet de Davos !).
Volkshaus, Stauffacherstrasse 60, 8004 Zurich
Entrée : 15-20 francs
Traduction simultanée en français et en allemand de la conférence en soirée
Contact : attac suisse, Rue des Savoises 15, 1205 Genève, 022 800 10 40, suisse@attac.org
Organisation : attac suisse
www.otherdavos.net
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