|
À l’occasion des marches contre la précarité et de la mobilisation contre le sommet du G8 en juin à Heiligendamm, un comité unitaire fribourgeois s’est mis sur pied pour mobiliser d’une part pour l’arrêt immédiat de toute guerre impérialiste, notamment la guerre en Irak. Cette guerre, illégale, qui s’éternise, a déjà fait trop de morts innocents et entraîne la migration de milliers de personnes fuyant le conflit. D’autre part, le comité unitaire revendique l’arrêt du démantèlement social, à travers la 5e révision de l’AI, une révision qui, entre autre, vise à couper les prestations pour les plus démuni-e-s et précarise les conditions de vie des plus faibles.
Situation précaire en Irak
Depuis le 21 mars 2003, les troupes américaines occupent l’Irak. Or, les Etats siégeant au G8 sont les principaux impliqués dans cette occupation illégale. Ces Etats impulsent des politiques impérialistes et néolibérales qui cautionnent cette guerre et la soutiennent militairement. De plus, à travers le partage des marchés de la reconstruction, ils en sont les seuls gagnants. Or, si le G8 est illégitime, la guerre en Irak est illégale !
Les lois internationales et la Charte des Nations Unies ne reconnaissent que deux raisons légitimes pour faire la guerre : l’autodéfense en cas d’attaque ou une action autorisée par le Conseil de Sécurité des Nations-Unies comme réponse collective à une menace contre la paix. Dernière preuve de cette illégalité : un nouveau rapport interne au Pentagone confirme les rapports inexistants entre Saddam Hussein et Oussama ben Laden. Niant cela, Dick Cheney, vice-président, tient fort à « sa »théorie et rappelle aussitôt que : « Il y avait des rapports stables entre Saddam et al Qaeda » [1]. Sous prétexte de protection contre l’ennemi terroriste qui possède des armes de destruction massive, les élites au pouvoir se sont assurées les sources pétrolières. Le bilan : environ 120’000 soldats présents en Irak, 3’000 tués, plus de 22’000 soldats blessés [2] et encore 12’000 nouveaux soldats de la garde nationale prêts au départ, envoyés par le ministre de la défense Robert Gates [3], sans compter les milliers des victimes civiles irakiennes.
Et la guerre « civile » ?
L’image qui ressort de cette guerre est que :
1. la résistance à l’occupation est illégitime et terroriste et elle s’attaque dans ses attentats à la société civile irakienne ;
2. il y a une guerre civile entre sunnites et chiites avec d’énormes éliminations de masses réciproques.
Mais la guerre n’est pas une guerre entre les différentes ethnies qui constituent la société irakienne. Les violences divisent en fait des groupes armés éparpillés qui sont souvent proches du gouvernement et les États-Unis usent de cette situation pour assoir leur position en Irak. "S’ils partaient, la situation changerait de manière positive", affirmait un journaliste irakien qui a participé à la conférence internationale de solidarité "avec la résistance, pour une paix juste au Moyen Orient " [4].
Non à l’occupation, non aux groupes sectaires !
Cette occupation impérialiste, de plus en plus violente, ne fait que déstabiliser la société irakienne. Les interventions militaires créent des groupes islamistes terroristes et leur donnent une « excuse » justifiant les massacres ; elles provoquent ainsi des milliers de morts innocents. L’ensemble de la société irakienne est aujourd’hui pris dans un tourbillon de tueries et de chaos, qui la menace de désintégration [5]. L’occupation et la guerre ont libéré les forces les plus obscures et détruisent ce qui reste de la société civile irakienne, en provoquant une migration précaire dans les pays voisins.
La seule solution pour une situation aussi précaire est le retrait sans conditions des forces armées nord-américaines de toute la région, pour qu’une société civile irakienne et un vrai état démocratique, laïque et non-ethnique puissent se développer et assurer les vrais besoins de la population locale !
Maurizio Coppola
attac fribourg
Voir aussi www.ifcongress.com
|