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Depuis plus de 15 ans, pour la « gauche » et les syndicats en Suisse,
« l’Europe » a de fait la fonction de fausse fenêtre : c’est de là que devraient venir les « avancées sociales », ou plus simplement la « modernité » que ces forces sont incapables d’obtenir par ailleurs.
La construction européenne a pour effet de :
a) masquer les dynamiques politiques, sociales et économiques effectives au sein de l’Union européenne (ainsi qu’en Suisse) ; b) se méprendre complètement sur les intentions des milieux bourgeois helvétiques décisifs, et faire artificiellement exister un secteur soi-disant « moderne » et « ouvert », que l’on oppose, tout aussi artificiellement, à un secteur prétendument isolationniste ; c) fausser complètement l’appréhension des enjeux de choix politiques et sociaux, comme on le voit avec le positionnement des syndicats et de l’essentiel de la « gauche » à l’occasion de la votation du 25 septembre ;
d) faire dès lors obstacle aux convergences dans la lutte sociale, possibles (et nécessaires) dès maintenant à l’échelle européenne -le silence gêné des syndicats et
de la gauche helvétique au sujet du NON à la Constitution européenne en France et aux Pays-Bas en est une illustration-.
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