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Les banques doivent payer pour leur crise !

Une taxe sur les transactions financières maintenant !

Le réseau international des Attac accueille positivement le principe d’une première réunion, le 22 octobre à Paris, de la “Task Force sur les transactions financières internationales et le développement”, qui regroupe une douzaine de pays souhaitant mettre en oeuvre une taxe sur les transactions financières.

Attac se bat pour une taxe de ce type depuis sa création en 1998. Dans le contexte actuel de crise économique et financière, notre réseau soutient l’idée que les responsables de cette crise doivent payer pour ses conséquences. Une telle taxe est indispensable pour favoriser le dégonflement de la sphère financière, décourager les attaques spéculatives et protéger les populations de tout risque pour leurs emplois, leur environnement ou leurs droits sociaux.

Les gouvernements ont accumulé des dettes énormes pour sauver les banques et financer des programmes supposés amortir les impacts de la crise. Les budgets nationaux vont supporter d’énormes déficits pendant de nombreuses années. Des coupes drastiques dans les budgets sociaux, d’éducation ou de la culture risquent d’être opérées. Des initiatives urgentes en faveur d’une conversion sociale et écologique de l’économie ne pourront être financées.

Dans le même temps un certain nombre de mesures attestent déjà de l’intention des gouvernements de reporter le poids de la crise sur les populations, par exemple en supprimant la taxe professionnelle ou en créant une taxe carbone qui pèsera uniquement sur les ménages. Ce n’est pas acceptable.

Ce sont les responsables de ce désastre économique, les banques, les investisseurs et tous les acteurs financiers qui doivent être contraints à payer.

Une taxe sur toutes les transactions financières est un instrument très adapté pour cela. Cette taxe fonctionne comme l’impôt sur les bénéfices. Elle est prélevée sur tout échange de titres, de produits dérivés ou de devises étrangères, en bref sur tous les actifs échangés sur le secteur.

Considérant les volumes gigantesques d’affaires opérées sur les marchés financiers, même une taxe à un taux marginal de 0,1% pourrait apporter suffisamment de recettes pour équilibrer les budgets nationaux en très peu de temps. La taxe ne rapporterait pas seulement des revenus nouveaux, elle aurait aussi un effet de blocage. Puisque pour beaucoup de transactions spéculatives, les rendements pratiqués oscillent entre 0,01 et 1 %, même une taxe au taux de 0,1% retirerait toute rentabilité à la plus grande part de ces transactions.

Techniquement la taxe est aussi aisée à mettre en œuvre que des frais bancaires sur les comptes courants des particuliers.

La taxe sur les transactions financières pourrait aussi être introduite sans problème pays par pays. Il ne serait possible d’y échapper qu’en contournant les plates-formes virtuelles d’échanges et les systèmes internationaux de compensation. Mais ce serait beaucoup plus coûteux pour l’opérateur que la taxe elle-même. Le FMI a été mandaté pour présenter avant le prochain G20 des propositions détaillant les modalités selon lesquelles le secteur financier pourrait contribuer substantiellement à financer les coûts générés par la crise. Cependant, jusqu’à présent, les responsables de gouvernements qui se sont prononcés en faveur d’une taxe appellent à sa mise en œuvre globale comme condition, ou l’envisagent sur une base volontaire, voire sur la base d’un taux ridicule de 0,005%.

C’est pourquoi la pression des mouvements sociaux et citoyens doit s’intensifier, afin que cette demande historique du mouvement altermondialiste devienne réalité. Le réseau international des Attac prendra des initiatives dans ce sens dans les prochains mois. Le succès est possible. `

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Mis en ligne le 23 octobre 2009

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