|
Attac et le groupe des auteur-e-s du livre « Attac contre l’empire Nestlé » qui ont été victimes d’une infiltration par une agente de Securitas mandatée par Nestlé durant une année, en 2003-2004, ont pris connaissance avec consternation de cette nouvelle affaire d’espionnage, conduite par la même section de Securitas, Investigation Services.
Lausanne, le 8 septembre 2008
La révélation par l’émission Mise au Point du 7 septembre 2008 de l’infiltration du Groupe anti-répression par une employée haut placée de Securitas nous inquiète sous au moins deux aspects. Elle confirme que la surveillance d’Attac n’était pas une mission isolée de Securitas, mais semble bien être une pratique courante et faire partie d’une gamme de prestations de cette entreprise : soit infiltrer des groupes associatifs et/ou politiques pour le compte d’un tiers. Ensuite, se pose la question du rôle joué par la Police cantonale dans ces affaires d’infiltration. A ce jour, aucune clarification par les responsables de la Police n’a été fournie, ni dans ce nouveau cas d’infiltration, ni dans l’affaire du Nestlégate. Pour rappel, il ressortait de l’émission Temps présent du 12 juin 2008, que la Police cantonale était au courant de l’infiltration du groupe des auteur-e-s du livre « Attac contre Nestlé ».
Hier Attac, aujourd’hui le groupe antirépression et demain... ? Un parti politique, un syndicat, un-e journaliste ? A-t-on encore le droit en Suisse d’émettre des opinions critiques sans être espionné-e et fiché-e ? Allons-nous vers une deuxième affaire des fiches ?
Si nous vivons réellement dans état de droit, il devient de plus en plus urgent et essentiel que non seulement toute la lumière soit faite sur ces deux cas mais également sur une pratique vraisemblablement beaucoup plus générale : un système plus vaste qui mettrait en scène la surveillance de groupes citoyens pour le compte de multinationales avec la complaisance de l’Etat par une entreprise privée qui échappe à tout contrôle politique.
Si les circonstances des deux infiltrations ne sont pas les mêmes, vu qu’il s’agit de deux groupes différents (le Groupe antirépression et Attac) travaillant sur des objectifs distincts et que le mandataire de l’espionnage n’est probablement pas le même (Nestlé dans notre cas), les deux cas révèlent une pratique inadmissible. Nous sommes solidaires des personnes concernées par cette infiltration et dénonçons avec force toute forme de surveillance de groupes citoyens.
|