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attac suisse
Berne, 9 juin 2005
Communiqué de presse
Lancement de la campagne nationale
„Zones hors-AGCS“
Plus les pourparlers au sein de l’Organisation Mondiale du Commerce (OMC) en vue de la conférence ministérielle de Hong Kong de décembre 2005 avancent, plus les organisations non gouvernementales (ONG) et les mouvements sociaux renforcent leur mobilisation contre la libéralisation du commerce mondial. En particulier les évolutions récentes concernant l’Accord Général sur Commerce des Services (AGCS) suscitent de réelles et graves inquiétudes. C’est pourquoi attac suisse, avec le soutien d’élu-e-s locaux, lance la campagne nationale « zones hors-AGCS » : toutes les communes de Suisse recevront ces prochains jours un courrier contenant une documentation détaillée sur la libéralisation des services.
« Grâce à la campagne internationale menée par attac avec d’autres organisations dans différents pays, les dangers liés à la libéralisation des services sont aujourd’hui connus du grand public » a expliqué aujourd’hui le secrétaire d’attac, Alessandro Pelizzari, lors d’une conférence de presse. « Les infrastructures fondamentales sont peu à peu soustraites à tout contrôle public et parlementaire, notamment à l’échelle des pouvoirs locaux, et ouvertes aux intérêts des entreprises multinationales des pays industrialisés. » Malgré les déclarations des représentants suisses à l’OMC de ne pas inclure les services publics dans les négociations, des sérieux soupçons subsistent que la Suisse ouvre davantage les secteurs de l’éducation et de l’eau au cours du processus actuel.
Marianne Hochuli, experte du commerce de la Déclaration de Berne, a expliqué que la délégation suisse coordonnée par le seco augmente actuellement la pression sur les pays en voie de développement afin qu’ils ouvrent leurs marchés financiers aux intérêts des banques et assurance suisses, et libéralisent davantage le secteur du tourisme. Non seulement, l’abolition exigée de contrôles sur les mouvement de capitaux renforcera l’instabilité des marchés financiers et l’évasion fiscale, mais en plus « l’ouverture forcée du tourisme rend impossible tout développement durable en la matière. »
Environ 1000 communes d’Europe entière se sont déclarées « hors AGCS ». En Suisse, il y a déjà environ 40 zones hors-AGCS (parmi lesquelles des villes comme Genève, Delémont, Vevey, Yverdon et Le Locle). Gérard Scheller d’attac Genève s’explique le succès de la campagne en Suisse romande surtout par les expériences des dernières années, où la libéralisation du service public a souvent eu comme résultat une augmentation des prix, la diminution de la qualité des prestations ainsi que l’impossibilité de toute intervention politique en matière d’environnement, d’égalité des chances ou de développement régional. Jean-Pierre Leyvraz, auteur de la résolution à l’origine de la déclaration de la ville de Renens comme « zone hors-AGCS » a ajouté que les élu-e-s locaux voient de plus en plus leur contrôle politique sur les infrastructures publiques se réduire à l’avantage des multinationales.
Michael Beyer, coordinateur de la campagne en Suisse alémanique espère que l’élargissement de la campagne à toutes les communes de Suisse renforce la pression politique sur le Parlement, le Conseil fédéral et l’OMC, en faveur d’un moratoire sur les négociations en cours. Adrian Durtschi, porte-parole des Jeunesses socialistes de la ville de Thoune a quant à lui assuré le soutien de son parti pour le relais de la campagne au niveau des conseils communaux. Une résolution est en préparation en ville de Thoune, et d’autres villes comme Coire, Wohlen, Berne, Bienne und Lucerne suivront bientôt
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