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Le Temps du 6 septembre nous apprend que l’imposition des gérants de fonds alternatifs et de capital-investissement sera diminuée de plus de la moitié d’ici 2 à 3 mois en Suisse. Aucune modification de la loi ne sera nécessaire, une simple circulaire suffira. Il s’agit donc d’une décision administrative qui échappe à tout contrôle démocratique.
Quelques rappels :
La rémunération des gérants de fonds alternatifs dépasse tout entendement. En 2007, les 25 gérants les plus efficaces ont gagné 892 millions de dollars chacun en moyenne, soit plus de 22 milliards en tout !
Ces mêmes gérants paient entre 15 et 20% d’impôt sur leurs gains en Grande-Bretagne ou aux USA. L’un d’entre eux s’étonnait de payer moins d’impôts que sa femme de ménage !
Ces gérants de fonds sont connus pour leur politique extrêmement agressive de recherche du profit maximum à court terme. Ils sont responsables des pires dérives dans la gestion des entreprises dont ils sont actionnaires : dépeçage, dégraissages, délocalisations, etc.
Ils participent au blanchiment de l’argent sale de manière massive.
Ils contribuent pour une part importante à la spéculation sur les matières premières.
L’imposition de ces gérants à des taux très bas est une injustice révoltante pour tous les travailleurs. C’est au moment même où il est très sérieusement envisagé de revoir les taux à la hausse en Grande-Bretagne et aux USA que la Suisse va baisser son imposition. Cette décision, prise sous la pression de l’Association suisse des banquiers, démontre une fois de plus l’immoralité absolue du système néolibéral.
De la Suisse - une des plus importantes places financières - on n’attend pas la défiscalisation des gérants de fonds, mais bien une implication pour une taxation internationale de ces derniers. Avec une telle action, la Suisse pourrait montrer qu’elle assume les responsabilités pour la justice fiscale internationale.
L’argument majeur est d’attirer de nouveaux contribuables riches. Est-ce que cela compensera la diminution de l’imposition ? On ne le sait pas. Combien de temps resteront-ils en Suisse ? Probablement jusqu’Ã ce qu’un autre pays leur offre des conditions plus avantageuses encore. La concurrence fiscale est une spirale sans fin que les cantons connaissent bien.
L’éthique est bafouée, mais les banquiers helvétiques et les politiciens qui les servent sont contents. Jusqu’à quand les honnêtes citoyens de ce pays tolèreront-ils cela ?
Gérald Mermet
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