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Dans une interview accordée à la Wochen Zeitung, Sébastien Guex, professeur d’histoire de l’économie à l’Université de Lausanne, conteste « l’endettement explosif de l’Etat » tel que le qualifie économiesuisse, porte-parole du grand patronat.
Le compte financier de la Confédération boucle sur un déficit de 100 millions, au lieu des 1,8 milliards de francs prévus. On peut dire que la prévision était pessimiste ! Les statistiques qui concernent le budget de la Confédération - dettes, recettes, dépenses, etc... - sont au fond des chiffres politiques. L’objectif depuis vingt-cinq ans est de freiner les dépenses et de promouvoir un climat favorable à un démantèlement de l’Etat social et du service public. Depuis 1980, plusieurs programmes d’économies ont été lancés. Entre 2001 et 2005, on n’a plus enregistré de hausse des dépenses de l’Etat mais une baisse de celles-ci de 1,6%. Cela a évidemment des répercussions : les salariés ont vu leur pouvoir d’achat plonger et le marché intérieur ne se porte pas bien. Ceci est la conséquence directe de la politique d’épargne promue par les milieux de l’industrie, les grandes banques et les partis de droite. D’une part, la Confédération économise mais elle a de l’autre côté enregistré un solde exportateur positif de 10 milliards de francs. Les exportations se portent donc bien et les grandes industries accusent des taux de croissance chaque année plus élevés.
Jusqu’à présent la Suisse, pour définir son endettement, ne parlait que d’endettement brut, sans tenir compte des actifs - l’immobilier, les participations, etc... - . Pour satisfaire l’Union Européenne, qui le lui demande depuis dix ans, la Banque Nationale a accepté en novembre dernier de publier ces chiffres. Entre ses dettes brutes de 120 milliards et ses avoirs en actifs, participations - par exemple, Swisscom vaut à elle seule 10 à 12 milliards - la Banque nationale indique des avoirs financiers de l’ordre de 122 milliards. Si l’on déduit les réserves d’or et les dépôts, il reste 60 milliards d’actifs. En conclusion, l’endettement de la Confédération est pratiquement nul. Cette constatation remet en question les idées reçues et appelle à un véritable débat politique sur le bien-fondé de l’austérité économique pratiquée depuis des années par la Confédération.
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