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Alors que l’agriculture est mise sous pression depuis plusieurs années par la libéralisation et la globalisation des marchés, les accords successifs de l’OMC et la rationalisation qui se traduit par l’industrialisation et la disparition de milliers de petites exploitations, une trop grande frange de la paysannerie suisse n’a pas encore compris qu’il fallait se donner les moyens de construire une meilleure image d’elle-même, non seulement face aux consommateur-trice-s, mais aussi face aux exigences justifiées de ses employé-e-s.
Alors que les animaux et l’environnement ont leurs lobbys qui contraignent légalement la production agricole, le travail salarié dans l’agriculture reste en Suisse extrêmement mal protégé. La faiblesse de l’organisation syndicale en est partiellement responsable. Chaque canton édicte son propre contrat-type de travail non-contraignant selon le Code des obligations. Les contrats-type ne connaissent majoritairement pas de salaire minimum. En effet, les salaires ne sont que des recommandations (excepté dans les cantons de Genève, Neuchâtel, Vaud, Tessin et Valais) de la part de l’Union Suisse des Paysans (USP) et oscillent entre Frs. 1’775.- et Frs. 3’055.- par mois. Les heures de travail peuvent varier de 48 à 66 heures hebdomadaires, alors que les recommandations européennes étaient déjà de 39 heures dans les années 90 ! Les travailleur-euse-s agricoles ne sont, de surcroît, pas soumis-e-s à la Loi sur le Travail (LTr) et peuvent donc être affecté-e-s au travail de nuit sans aucune majoration de salaire, compensation en congé ou autre protection. Ces lacunes légales empêchent la Suisse de signer des conventions internationales, comme par exemple la convention 184 de l’OIT sur la sécurité et la santé dans l’agriculture.
Il ne s’agit pas de tirer à boulet rouge sur la paysannerie suisse. C’est pourquoi il a été mis en place une « Plateforme pour une agriculture socialement durable ». Celle-ci regroupe des syndicats ouvriers, des organisations agricoles progressistes, des partis politiques, des organisations de défense des consommateur-trice-s, des migrant-e-s ou de protection de l’environnement, dans le but de créer des conditions de travail équitables pour l’ensemble des personnes travaillant dans toute la filière agroalimentaire, du champ de l’agriculteur-trice à l’assiette du-de la consommateur-trice (voir le "Manifeste pour une agriculture socialement durable").
Nous voulons une harmonisation des conditions de travail agricole en Suisse, et ceci à moyen terme, sur la base d’un salaire minimal de Frs. 3’500.- et de la semaine de 45 heures - vraiment rien de très révolutionnaire !
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