Attac Suisse
International | Deutsch | Français | Italiano
 
     
Accueil Présentation Campagnes Documents   Livres et matériel Soutien Synergies Contacts & particper
Accueil >> Angles d’ATTAC >> 43 - Angles d’Attac juillet 2007  
Il faut lancer le référendum contre la politique agricole 2011

Le Conseil des Etats a récemment débattu du projet de réforme de la politique agricole pour la période 2008 à 2011 (PA 2011). La discussion aux chambres sur ce projet de réforme sera vraisemblablement clôturé fin juin (il ne l’est pas encore lorsque nous mettons sous pli). Différentes associations qui défendent les milieux agricoles dénoncent ces débats qui se sont faits sans tenir compte des souhaits des paysans, qui verront leur situation financière s’aggraver, les jetant encore plus dans des conditions de vie précaires et difficilement supportables. Nous avons choisi de donner la voix à Willy Cretegny, membre fondateur de La Vrille.

Situation actuelle et tendance des marchés agricoles

Depuis 1993, l’agriculture suisse est entraînée dans une spirale de réformes successives visant à la libéralisation des marchés. Depuis le début des années nonante, le nombre d’exploitations agricoles est passé de 93’000 à 63’000 et les nouvelles réformes prévoient l’abandon de 30’000 exploitations supplémentaires d’ici 2011. Il y a lieu aujourd’hui de se rendre compte que la politique agricole mise en place en 1998 n’a pas permis d’atteindre les objectifs que le peuple a votés dans les années 1990.

La disparition de ces exploitations va modifier de manière irréversible le paysage et l’habitat rural

La politique économique actuelle de libre-échange exerce une pression inacceptable sur les prix des produits agricoles. Les paysans du monde entier vendent leurs produits souvent au-dessous du prix de revient. Pour préserver une agriculture vivrière et respectueuse des normes sociales et environnementales, il faut lui assurer des prix rémunérateurs. Nous ne pouvons pas nous satisfaire d’un commerce équitable de niche. Les critères du commerce équitable doivent être la norme. Notre pays abrite la plupart des organisations de défense des droits de l’homme, notre devoir est de placer le droit au-dessus du marché. Le droit à une rémunération équitable est inscrit à l’article 23 des droits de l’homme. Aujourd’hui, avec la politique de la concurrence qui laisse se développer les prix cassés, il n’y a pas que l’agriculture qui souffre. Nous ne demandons pas des prix garantis, mais que soient condamnables les prix qui ne couvrent pas les coûts de production car ils génèrent le non respect des droits et de l’environnement.

L’environnement en grand danger

La politique agricole visant à libéraliser totalement le marché agricole est un grand danger pour l’environnement. Les atteintes à l’environnement, dont certaines sont déjà irréversibles, nous interdisent de nous satisfaire d’une politique incitative. Le transport de marchandise d’un bout à l’autre de la planète n’est plus acceptable. Nous devons inscrire dans la loi la priorité aux produits de proximité (agricoles ou autres), c’est la souveraineté alimentaire.

Il est surprenant de constater aujourd’hui la capacité de la société à emmagasiner des informations prouvant les effets dévastateurs du système de libre-marché, sans que cela provoque une réelle prise de décision. Ce sont avant tout les normes sociales et les normes environnementale qui sont gravement bafouées.

Il est urgent de comprendre que nous n’avons pas d’autre choix que de remettre en cause la conception actuelle du libéralisme. Il faut revenir à un libéralisme qui est la liberté d’entreprendre dans un cadre de respect des normes sociales et environnementales. Il faut faire cesser la liberté de tout faire que prônent les prophètes de l’ultra-libéralisme.

Dire non à PA 2011 c’est rejeter une politique qui ne veut plus protéger les valeurs auxquelles nous tenons. Ces valeurs, c’est le respect de nos paysages, le respect des populations qui y vivent. Nous devons lutter pour que l’on reconnaisse la légitimité du protectionnisme, car il n’y a rien de plus légitime pour une communauté que de protéger son environnement dans le sens le plus large. Faire le choix d’une politique et ne pas la protéger n’a pas de sens. Il est interdit d’élever des poules en batterie en Suisse. Résultat : il n’y a bientôt plus de poules suisses sur nos étals car nos élevages respectueux des animaux sont menacés économiquement par les élevages industriels étrangers.

Objectifs et prochaines étapes

Le référendum n’est que le début de l’action. Il est très important de commencer par dire son opposition à la politique actuelle et à celle qui est en projet. Ensuite, il faudra rapidement déposer le texte d’une initiative pour une agriculture respectueuse des normes sociales et environnementales. L’objectif premier de l’initiative est de mettre un terme à la concurrence déloyale exercée sur nos produits par l’importation de marchandises produites selon des normes sociales et environnementales bien en dessous des nôtres. Il s’agit également d’éviter qu’elles passent les frontières sans être soumises aux outils d’ajustement tels que les taxes d’importation.

Willy Cretegny

 

A propos de cet article  

Mis en ligne le 21 juin 2007

Traductions existantes

Au format d'impression:

 
Sur notre site
Articles sur le même sujet:
Crise alimentaire et souveraineté alimentaire 55 Angles d’Attac n°55 octobre 2008
Attac Suisse soutient le référendum contre la loi sur l’agriculture Actualité
L’agriculture suisse peut-elle se payer le luxe de conditions de travail moyenâgeuses ? 22 Angles d’ATTAC septembre 2005

Dans les pages 43 - Angles d’Attac juillet 2007  

Les autres articles:

Huitième Université d’été d’Attac France à Toulouse : du vendredi 24 au mardi 28 août 2007

Le démantèlement social continue…

Menaces sur l’information

« Retourner le miroir déformant »

Ont participé à ce numéro

Trouver la motivation de lutter

 

Retour aux pages 43 - Angles d’Attac juillet 2007

Haut de page

Copleft (L) ATTAC-Suisse Rue des Savoises, 15 1205 Genève - Tel: ++41 22 800 10 40 Fax: ++41 21 625 34 45 suisse@attac.org
Reproduction autorisée en mentionnant l'adresse du site internet http://www.suisse.attac.org/
Site réalisé avec SPIP