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Courant mai 2007 s’est tenu à l’Université de Lausanne le Colloque International sur Hanna Arendt. Yves Patrick Delachaux, policier, pilote des réflexions éthiques, déontologiques et des droits de l’homme à la police genevoise y a proposé un atelier [1], dont le but était de réfléchir sur les moyens mis en oeuvre dans les corps de police pour penser la pratique et la culture policière. Dans le cadre de son mandat, il propose un jour de réflexion sur l’affaire Jean-Charles Menezes à des policiers genevois (patrouilleurs) qui ont de 15 à 18 ans de service.
Le 22 juillet 2005 à 10h05, dans la station de métro londonienne de Stockwell, les policiers de la brigade anti-terroriste britannique abattent Jean-Charles Menezes de sept balles dans la tête. Ce tragique évènement survient suite aux attentats visant le réseau de transports londonien du 7 juillet et des attentats manqués du 21 juillet. Le mauvais jour, ce jeune homme d’origine brésilienne a franchi le pas de porte d’une maison qui était placée sous surveillance. En outre, il portait des vêtements et avait un comportement qui, en fonction de l’appréciation des policiers, furent étiquetés de « suspects ». La politique du « Tirer pour tuer » a autorisé les policiers à tuer J.-C. Menezes sans qu’il n’y ait ni enquêtes préliminaires, ni preuves d’un quelconque lien avec une organisation terroriste, sans lui laisser la moindre chance de se défendre. Et sans qu’il n’y ait, tel que demandé par la famille, une enquête visant à établir les circonstances qui ont autorisé les policiers à tirer sans sommation.
Yves Delachaux a demandé à ces policiers genevois de réfléchir sur ce cas et d’en extraire les points majeurs, en vue d’une discussion en lien avec leur pratique et les valeurs de l’Etat de droit. Sur 23 participants, 18 n’ont pas été en mesure d’effectuer le travail demandé. Selon Monsieur Delachaux, pas une seule réflexion n’a été formulée, pas une seule manière de penser l’action n’ont été proposées, si ce n’est des dénonciations du type « ce n’est pas notre rôle de juger des collègues » ou une remarque telle que « Qu’est ce que foutait un brésilien à Londres ». Il conclut en disant « nous n’avons aucune malveillance envers ces praticiens genevois qui ont d’excellents états de service, nous constatons seulement qu’ils n’ont probablement jamais eu d’espaces pour aborder ce type de réflexions. Ils ne sont certainement pas « entraînés » à réfléchir aux protocoles qui leurs sont soumis. ».
[1] Voir résumé de l’atelier à l’adresse
http://www.unil.ch/webdav/site/aren...
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