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Permettant de faire le lien entre la précarisation et les politiques globales néolibérales, les Euromarches contre la précarité et les exclusions sont un symbole de la résistance contre les politiques dominantes qui sont poussées lors des réunions tel que le G8. Organisées en Suisse par une large coalition allant de la société civile aux syndicats en passant par les associations de migrant-e-s, d’étudiant-e-s, de précaires et des partis, elles se sont inscrites dans les marches européennes qui ont rejoint Rostock le 1er juin.
Voilà , en photo, le carnet de voyage de cette longue et intense semaine qui nous a permis de traverser la Suisse en portant nos revendications de Genève à Bâle, du 21 au 26 mai 2007.
Du 20 au 26 mai, nous avons pris la route tous les jours : une dizaine de personnes ont marché toutes les étapes de Genève à Bâle. Traversant les villages et les villes, portant nos revendications d’un bout à l’autre de la Suisse, souvent rejoints en route par des personnes intriguées, intéressées et finalement souvent sensibilisées à ces questions, nous avons vécu une semaine riche en rencontres et en partage.
Tel jour, nous croisons des ouvriers du bâtiment, à qui nous distribuons des tracts, et qui nous demandent de porter leur revendications : l’association suisse des entreprises venant de dénoncer leur convention collective, leur avenir est donc plus qu’incertain. Tel autre jour, ce sont plusieurs personnes qui connaissent personnellement des situations de précarité qui viennent grossir nos rangs. B., par exemple, nous accompagne sur plus de dix kilomètres. Il nous explique avoir fait partie de la vague de licenciements collectifs décidée par l’opérateur téléphonique Orange au printemps 2003. Il nous raconte les conditions de travail exécrables et les pressions subies dans cette entreprise. Il ne s’est, pour l’instant, pas encore réinséré de manière durable dans le monde du travail. Ces rencontres sont toujours l’occasion de discuter, de faire des liens entre les politiques promues par les classes dirigeantes de nos pays et des situations individuelles et donc toutes très diverses. Ce sont aussi des moments d’encouragements à poursuivre notre route et notre action. Finalement, ces marches ont également permis de créer un lien entre les différents réseaux travaillant sur le même sujet.
Dimanche 20 mai. Devant l’OMC, une cinquantaine de personnes se rassemblent pour prendre part à cette première étape des marches contre la précarité, les exclusions et le chômage. Foule bigarrée, arborant des dossards "Chômeurs", "Sans statut légal", "temporaire" ou encore "famille monoparentale", comme autant de situations qui peuvent amener à la précarité. 25 kilomètres plus loin, nous atteignons enfin notre premier but : Nyon, où nous sommes attendus dès le lendemain.
Lundi 21 mai. Cette deuxième journée des marches commence tôt par la distribution de tracts dans les trains. Il est 6h00 et les trains entre Genève et les villes de la côte lémanique sont remplis de femmes de ménage, souvent employées dans des conditions inacceptables par les riches familles des villages aux alentours de Genève et de Nyon. Cette première action vise justement à mettre le doigt sur leurs conditions de travail et d’informer les personnes touchées sur leurs possibilités de se défendre. Pour la fin de cette journée, une paëlla, une exposition de photos sur la souveraineté alimentaire et un débat entre J. Dupraz, V. Hemmeler et Ph. Sauvain sur la question de la précarité chez les travailleurs et travailleuses agricoles ont encore été organisés par l’Autre Syndicat et Uniterre.
Mardi 22 mai. Nous quittons Nyon pour rejoindre Renens. Une vingtaine de kilomètres sous un soleil de plomb, durant lesquels nous faisons de nombreuses rencontres, dont plusieurs personnes qui se joignent spontanément à nous pour parcourir quelques kilomètres. Vers 17h00, nous arrivons enfin à Renens. Un comité d’accueil, installé sur la place du village, se charge de nous redonner des forces. Après ces joyeuses agapes, nous assistons, ainsi qu’une centaine de personnes, à la représentation de la pièce de Dario Fo "Faut pas payer", qui, malgré ses 40 ans, reste une pièce d’une grande actualité.
Mercredi 23 mai. Une manifestation contre la précarité des jeunes, des étudiant-e-s et des apprenti-e-s relie Renens et Lausanne. Particulièrement mobilisé-e-s pour cette étape, les étudiant-e-s de l’école sociale et pédagogique de Lausanne, celles et ceux de l’UNIL et de l’EPFL ont répondu présent pour dénoncer les réformes qui démantèlent les études, précarisent les étudiant-e-s en réduisant les bourses tout en augmentant les frais d’inscription et finalement diminuent la qualité des formations.
Jeudi 24 mai. L’étape suivante nous conduit jusqu’à Fribourg, où la coalition sur place a mis l’accent sur la guerre en Irak et la 5ème révision de l’AI. Une manifestation à travers la ville de Fribourg rappelle que dans notre pays, ce sont toujours les plus faibles qui payent la facture sociale.
Vendredi 25 mai. Après une longue et belle journée de marche entre Fribourg et Berne, nous rejoignons la capitale suisse où nous sommes attendus pour la soirée. Un comité d’accueil sur la place fédérale nous emmène pour le repas du soir et à la conférence qui ponctue la soirée sur la question du revenu universel.
Le samedi 26 mai est déjà le dernier jour des marches européennes en Suisse. Cette étape, hautement symbolique, placée sous le thème de la migration et de la libre-circulation des personnes, conduit plus de 500 militant-e-s de Suisse et d’Allemagne à manifester devant un camp de rétention et d’expulsion de migrant-e-s, puis à traverser la frontière germano-suisse. Comme durant les autres étapes, tout s’est déroulé de façon pacifique et sans problème. De l’autre côté de la frontière, nous sommes accueillis par nos camarades de Fribourg-en-Brisgau qui prennent le relai et continuent la route jusqu’à Rostock.
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