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En juin 2005, le G8, avec à sa tête le premier ministre anglais Tony Blair, reprenait en cÅ“ur le slogan des mouvements altermondialistes et des ONG anglaises « Make Poverty History », et déclarait vouloir reléguer la pauvreté dans les pages de l’histoire ancienne. Soutenu-e-s dans leurs déclarations par des stars internationales, les puissant-e-s de ce monde annonçaient en grandes pompes leur premier geste pour atteindre ce louable objectif, à savoir annuler une partie de la dette extérieure des pays les plus pauvres. Ils /elles se gardèrent bien sûr de parler de toutes les pressions et des conditions qui accompagnaient ces mesures « généreuses » : privatisation des services publics, libéralisation des secteurs industriels clés, arrêt des subventions aux paysan-ne-s, ouvertures des frontières aux produits industriels et agricoles de l’étranger, etc... Toute une politique qui, on le sait à présent, provoque et aggrave la pauvreté.
A l’origine de la création des premières sections d’attac, il y avait l’idée de travailler à la réduction des inégalités sociales et économiques, et d’Å“uvrer à plus de justice à travers une meilleure répartition des richesses. Si actuellement nous ne cherchons plus directement à promouvoir l’instauration d’une taxe Tobin, ce n’est pas un signe de changement d’objectifs. Au contraire, c’est que nous nous concentrons sur les facteurs aggravant cette pauvreté et cherchons à en dénoncer les auteur-e-s. Le fil conducteur de nos actions reste fondamentalement le même, que ce soit à travers la lutte contre l’Accord général sur le commerce des services (AGCS) et les privatisations qui soustraient à une partie de la population l’accès démocratique aux services publics (cf. compte-rendu de la campagne suisse « hors-AGCS » dans ce numéro), contre l’industrie des OGM qui asservissent une partie des populations paysannes aux grands groupes agroalimentaires (cf. prise de position d’attac sur www.suisse.attac.org et article dans ce numéro) ou encore contre la politique de certaines multinationales qui renforcent les inégalités (cf. article sur le cas Nestlé). D’ailleurs, la 6ème conférence internationale l’Autre Davos, organisée par attac, et qui se déroulera le 27 janvier 2006 à Zürich a (provisoirement) pour titre « La lutte contre la pauvreté : un nouvel impérialisme ? ». Le prochain numéro de l’Angles d’attac sera consacré à cet événement.
Presque six mois après la grandiloquente déclaration du G8, deux événements sont venus nous montrer que la pauvreté est une thématique extrêmement urgente, et ce même dans les pays industrialisés. On a vu d’une part les conséquences désastreuses de l’ouragan Kathrina sur les quartiers noirs défavorisés de la Nouvelle-Orléans. Plus récemment, les violences enflammant les banlieues françaises en proie à l’exclusion ont dévoilé le gouffre économique et social qui se creuse dans les villes européennes (cf. prise de position d’attac France et article de Rossana Rossanda). Au vu de ces deux événements, on ne peut que répéter l’importance de faire campagne contre la pauvreté, au Nord comme au Sud.
Cette lutte peut prendre les formes les plus diverses. Certains prônent une action politique globale, tandis que d’autres mettent en avant la solidarité et la responsabilité individuelle, à travers par exemple le commerce équitable ou la consommAction (cf. courrier des lecteur-trice-s).
Quoi qu’il en soit, il faut garder à l’esprit qu’éradiquer la pauvreté ne pourra jamais se faire de concert avec celles et ceux qui en sont les responsables ou les profiteur-euse-s ! Eradiquer la pauvreté ne pourra se faire que par le bas, par et avec la société civile. Et tout d’abord en redonnant du pouvoir politique aux premiers concernés, ceux qu’on appelle si péjorativement les pauvres...
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