|
Cette année s’annonçait comme une année de grandes mobilisations, elle tient largement ses promesses ! Aux mobilisations contre le projet de Traité Constitutionnel Européen ont succédé les mobilisations contre les politiques menées par l’OMC. Fin juillet, le Conseil Général des Peuples a attiré plusieurs centaines de militant-e-s anti-OMC du monde entier à Genève. Corée, Brésil, Colombie, Afrique du Sud, Philippines, Sénégal, Suède, Allemagne, France, Italie... la liste des pays dont la société civile est entrée en résistance ne cesse de s’allonger. Il a suffit, pour convaincre chacun-e, de 10 ans de politiques menées par l’OMC, durant lesquelles la situation des travailleur-euse-s, paysan-ne-s, femmes, enfants, émigré-e-s, minorités, etc, s’est tellement dégradée que, bien qu’ils et elles proviennent de réalités très différentes, toutes et tous étaient d’accord sur un point : les politiques de l’OMC sont un échec total et absolu à tous points de vue : droit du travail, droits humain, droits des femmes, de l’enfant, protection des travailleur-euse-s, protection des peuples autochtones, protection de l’environnement... Bref, mise en échec (délibérée ?) de toutes les avancées sociales de l’après-guerre.
Les mouvements de paysan-ne-s de travailleur-euse-s ou de femmes sont au coeur de la contestation actuelle, en résistance depuis plus de 5 ans maintenant. Mais un tournant a été pris fin juillet à Genève : pour la première fois en Suisse, les communes et collectivités publiques se sont exprimées au côté des altermondialistes pour dénoncer l’Accord Général sur le Commerce des Services (AGCS). Publiquement et afin de faire pression sur le négociateur suisse à l’OMC M. Wasescha, une dizaine de représentant-e-s des 50 communes hors-AGCS suisses, et plusieurs dizaines de militant-e-s et élu-e-s venant de l’étranger, sont venu-e-s exprimer leurs craintes et leur refus de ces négociations (lire article plus loin). M. Wasescha, qui n’a pas pour habitude de justifier son travail et considère ses détracteur-trice-s comme des ignorant-e-s, osera-t-il encore donner des réponses à l’emporte-pièce s’il est confronté non plus à des militant-e-s mais à des personnes élues et représentantes d’une population inquiète des conséquences de ses négociations ? Afin de défendre activement les services publics, ces représentant-e-s ont décidé de créer une association des communes hors-agcs, qui, secondée par attac, jouera le rôle d’observatrice des négociations.
Les fortes offensives néolibérales qui viennent de l’OMC ne sont malheureusement pas seules, elle s’inscrivent au contraire dans un projet global qui se décline à tous les niveaux : mondial, européen, et national. Au niveau européen elles portent par exemple le nom de directive Bolkestein, Traité constitutionnel, délocalisation, ou encore démantèlement social et privatisation. Nous devons donc faire face sur tous les fronts et surtout ne pas faire l’erreur de se concentrer uniquement sur l’un d’eux et d’en négliger un autre. Notre première Université d’été s’intitulait "Comprendre pour transformer" et se voulait un espace de réflexion sur les mécanismes économiques qui régissent notre monde. La deuxième s’intitule "Quelle Suisse dans quelle Europe ?" et se propose d’analyser, à travers 6 axes principaux, les thématiques importantes touchant la Suisse et l’Europe. Quelle est aujourd’hui la place de la Suisse au sein de l’Europe et au côté de l’Union européenne ? Pourquoi la Suisse ne fait-elle toujours pas partie de cette dernière, alors qu’elle participe à la mise en place de politiques similaires à celles prônées par l’Union ? Les relations entre Suisse et Union européenne sont très complexes, quels en sont les enjeux économiques et sociaux ? Quelle position adopter quand on veut porter un regard critique sur la construction néolibérale de l’Europe, tout en étant opposé-e au retranchement derrière des barrières nationales ? Comment être favorable à la libre-circulation des personnes, alors que celle proposée par l’Union s’apparente plutôt à de l’importation de main d’oeuvre limitée et calibrée ? Autant de questions qui seront reprises, analysées et débattues du 15 au 18 septembre aux Rasses (VD) pendant notre prochaine Université d’été.
(Inscriptions ouvertes ! voir dans ce numéro)
En préparation à cet événement passionnant où nous espérons vous retrouver nombreuses et nombreux, nous vous proposons dans ce numéro plusieurs articles autour de ces thèmes, mais aussi sur les mouvements européens de communes contre l’AGCS, ou la question de l’agriculture.
L’Assemblée générale annuelle d’attac suisse se déroulera durant l’Université le samedi après-midi, et nous permettra de conclure ensemble une année de mobilisations sur tous les fronts, et d’en débuter une autre qui, on le sait déjà , ne sera pas moins intense.
Bonne lecture !
Votre comité de rédaction
|