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Après un été de feu et de sang à l’est de la Méditerranée, l’automne s’annonce sombre au Nord et à l’ouest, pour la Suisse et l’Europe. Nous revenons dans ce numéro sur « la guerre de juillet », en discutant cette fois-ci les enjeux régionaux, et nous essaierons de relayer régulièrement l’évolution de la situation d’une région dont les soubresauts influencent bien au-delà de ses strictes frontières géographiques. En effet, mis à part un contexte régional tendu, les libanais-es sont confronté-e-s à de nombreuses difficultés, dont le million de bombes à fragmentation larguées par l’armée israélienne - dans les 3 derniers jours de la guerre, alors que l’accord de cessez-le-feu avait déjà été signé - et encore égarées au sud Liban. Ce qui constitue un risque quotidien pour les civils et en particulier les enfants, et qui paralyse l’agriculture locale, et retarde donc la reprise économique du pays. Sans oublier toute l’ambiguïté quant au réel pouvoir de la Finul (Force intérimaire des Nations unies au Liban), qui n’est pas sans rappeler l’intervention des forces de l’ONU en Bosnie et leur impuissance face à l’évacuation et au génocide de la population de Srebrenica et environs. A suivre...
En Europe, le bilan n’est pas réjouissant non plus. Les lois Sarkozy et les « lex-Blocher » provoquent déjà exclusion et misère ; à quand le tour des règles dictées par l’extrême-droite flamande, montée en puissance lors des dernières élections belges ? L’Europe en général ferme ses frontières, se replie sur soi, s’extrêmise en soufflant sur la braise des peurs archaïques et de la menace du « terrorisme islamique ». Ceci est possible grâce à l’alimentation continue d’un climat d’insécurité, qui fragilise la population entière mais en particulier les plus démunis : les chômeurs-euses, les retraité-e-s, les bénéficiaires des prestations invalidité ou de l’assistance sociale, les travailleuses et travailleurs précaires ou encore celles et ceux que l’on appelle les working poors. Climat d’instabilité insufflé par des politiques de société à très court terme qui négligent, voire taisent les complexités sociales, qui font fi de valeurs telles que la solidarité envers les plus faibles, l’écologie ou le respect des droits humains. Nous revenons sur les résultats des dernières votations fédérales, les constats de l’énorme vague de mobilisation pour le 2xNON, et donnerons des perspectives de luttes futures lancées par les mouvements qui s’y sont impliqués.
Dans la perspective d’une société solidaire, il est bien évidemment question aussi de services publics accessibles et distribués à tout un chacun, et en particulier à celles et ceux parmi les catégories sociales les plus en difficulté. Mais contrairement à ce qu’on pourrait croire, leur défense n’est pas forcément garantie par des forces qui se targuent d’être au service du peuple : ceci se retrouve tant dans la politique du Hezbollah libanais, qui souscrit aux projets de libéralisation des principaux services du pays, qu’auprès des socialistes français qui se sont pliés aux exigences européennes dans le cadre de l’AGCS. Pour la promotion des services publics, la fin du mois d’octobre verra la tenue d’un double-évènement d’importance locale mais aussi internationale, dont nous ne pourrons rendre compte dans ce numéro, puisqu’il sera déjà en route vers vos boîtes aux lettres ! Il s’agit de la Convention internationale des collectivités locales pour la promotion des services publics (voir numéros précédents), mais aussi de la première réunion de travail du Réseau européen pour les services publics, réseau rassemblant des dizaines d’ONGs. syndicats et associations européennes ayant décidé de soutenir la déclaration d’Athènes (élaborée lors du dernier Forum social européen à Athènes). Vous la trouverez dans ce numéro, attac suisse ayant décidé de la signer.
En restant publiquement vôtre, nous vous souhaitons bonne lecture !
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