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Le G8 n’est pas une institution abstraite ou une simple réunion des puissants de ce monde. Un véritable processus d’expropriation de l’avenir des peuple s’y trame. Mobilisons-nous contre le G8 et dessinons, ensemble, les contours d’un nouveau monde !
Du 1er au 3 juin 2003 se tiendra à Evian, le sommet annuel des huit pays les plus industrialisés (G8). Après les violences policières qui avaient accompagné le sommet de 2001 en Italie, amenant la mort du jeune manifestant Carlo Giuliani, Jacques Chirac affiche la volonté de faire du G8 d’Evian un « véritable anti-Gênes ». En effet, il est non seulement prévu d’ouvrir le sommet à une poignée choisie de gouvernements du Sud, mais aussi d’y intégrer la « société civile » et d’y discuter des contours d’une nouvelle « gouvernance mondiale » qui englobe des thèmes tels que l’eau, l’environnement ou la dette.
Le G8 contre les peuples
Or, à l’issue d’une guerre sanglante contre le peuple irakien, la rencontre des huit chefs de gouvernement des majeures puissances impérialistes sera non seulement accompagnée par un dispositif militaro-sécuritaire franco-suisse sans précédent dans la région lémanique. Elle ne fera que poursuivre les grandes orientations d’une mondialisation soumise à l’exigence du profit et conformes aux intérêts du capital.
En effet, les mesures prises par ces huit gouvernements ces dernières décennies se lisent comme un véritable programme d’expropriation économique, politique et sociale des peuples. Les politiques impulsées par le G8 ont accentué les inégalités à un niveau jamais connun en réglant les crises économiques et financières par l’accroissement vertigineux de la pauvreté, du chômage et des exclusions. Elles ont accéléré la concentration des richesses, ont précarisé l’emploi et les conditions de vie de la grande majorité de la population. Elles ont favorisé la destruction de l’environnement, promu l’appropriation privée des biens et services publics, la restriction de l’espace public et l’inégal accès aux droits politiques, économiques et sociaux. Les dirigeants des pays du G8 ont recolonisé les pays du Sud à travers leur gestion de la crise d’une dette dont ils sont largement responsables, et à travers l’imposition de l’ajustement de chaque société au marché mondial.
Les pays membres du G8, au nom de la lutte contre le terrorisme, ont légitimé la guerre et la militarisation en mettant en place un gigantesque appareil militaire impérialiste qui menace de frapper tous les pays et toutes les forces politiques et sociales s’opposant aux intérêts dont ils sont les porte-parole.
Les peuples contre le G8
Nous ne sommes pas condamnés à subir les ravages de la mondialisation du capital et des guerres qui s’oppose à la mondialisation « d’en bas » dont nous nous réclamons. La politique néo-libérale de la domination des marchés financiers, des privatisations et des licenciements de masse peut être enrayée. L’argument de la fatalité se nourrit trop souvent de l’absence d’informations sur les formes de résistance cachées, sur les mobilisations collectives et sur les alternatives possibles éloignées des feux médiatiques. De nombreuses propositions, développées et promues entres autres par le mouvement international attac, existent pour dessiner, dans l’immédiat, les contours d’un autre monde :
attac s’engage pour la mise en Å“uvre d’un système international de redistribution des richesses, et particulièrement l’instauration d’un système de taxes globales - non comme un simple instrument de réglementation des marchés financiers, mais comme un premier pas vers un contrôle démocratique de la richesse de la société. De telles taxes devraient être affectés au financement de programmes d’urgence, préconisés par le PNUD, permettant d’assurer l’accès de la population mondiale aux services essentiels de base (sécurité alimentaire, eau, assainissement, éducation, santé, énergie domestique).
En parallèle, il est nécessaire d’entraver la criminalité financière et la spéculation internationale, ce qui implique de supprimer les paradis fiscaux et d’assurer une « traçabilité » de toutes les transactions financières et, notamment en Suisse, la suppression du secret bancaire. attac s’engage également pour l’abolition de la dette extérieure publique du Tiers Monde. Celle-ci s’élève, pays de l’Est non compris, à 2060 milliards de dollars. Pour les populations libérées du fardeau de la dette, les sommes qui pourraient être utilisées à améliorer leur développement seraient tout à fait considérables.
Réapproprions-nous notre avenir
Mais cette mobilisation n’est qu’un premier pas. Il est en effet nécessaire de définir un nouveau modèle de développement écologiquement durable et socialement équitable. Il s’agit d’étendre la sphère des droits : le droit de se nourrir, d’accéder à l’eau potable, le droit à un travail digne, le droit à l’existence et à la sécurité sociale, le droit à l’émancipation des femmes, le droit des générations futures à hériter d’une planète vivable.
Ainsi, contre la marchandisation généralisée, orchestrée notamment par l’Accord Général du Commerce des Services au sein de l’Organisation Mondiale du Commerce (OMC), il faut défendre et étendre les biens et services publics. La santé et l’éducation, mais aussi l’énergie, l’eau ou les transports ne sont pas des biens ordinaires ; ils répondent à des besoins sociaux essentiels de la population dont la satisfaction doit être garantie collectivement et ne saurait être soumise à des intérêts privés. Il est nécessaire d’ouvrir le débat sur les contours que devrait prendre une société capable de mettre l’ensemble des ressources productives du monde au service des besoins et des aspirations de la majorité des habitants de la planète. Il est dès lors urgent d’ouvrir le débat sur la légitimité des formes de démocratie participative et d’appropriation sociale des moyens de production, de communication et de distribution.
Passez à l ’attac !
Ces propositions ne sont possibles que dans le cadre d’un changement radical de politique. Il ne peut résulter que d’une mobilisation massive des peuples se nourrissant de la prise de conscience des injustices globales, et intimement liée à l’espoir d’un autre monde possible.
L’émergence d’un mouvement planétaire de résistance à la mondialisation du capital, d’émancipation des peuples et de refus de la guerre impérialiste est indiscutable. Il incorpore chaque jour de nouvelles forces sociales et citoyennes. Il progresse dans les opinions publiques, de plus en plus hostiles aux politiques néolibérales et favorables aux alternatives portées par le mouvement social et citoyen mondial.
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