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Communiqué de presse
Lucerne, le 16 juin 2008
La Fédération Suisse des Fonctionnaires de Police juge les investigations de Securitas - cette entreprise demeure-t-elle un partenaire acceptable pour la police ?
Ainsi que l’a montré la Télévision suisse romande la semaine dernière, Nestlé se serait livré à un espionnage des personnes critiquant la globalisation, avec l’aide de Securitas. La Fédération suisse des fonctionnaires de police FSFP a pris connaissance avec consternation de cette nouvelle. « L’acquisition préventive d’informations est réservée exclusivement aux autorités de l’Etat, qui doit en outre s’en tenir au cadre légal défini », a déclaré au « Tagesanzeiger » le professeur de droit saint-gallois Rainer Schweizer, qui juge illégal le procédé utilisé par Securitas.
Pour la FSFP, il est inconcevable que la police vaudoise, qui était au courant des investigations menées par Securitas, non seulement n’ait pris aucune mesure à leur encontre, mais encore qu’elle ait collaboré avec les responsables de cette entreprise. Elle met ainsi en jeu le bon renom de la police et ouvre toute grande la porte à des manÅ“uvres répréhensibles. Ce n’est pas la direction de la police qui en souffrira, mais bien chaque policière et chaque policier dans son travail quotidien. Si les reportages sont bien le reflet de la vérité, il faut espérer que la justice interviendra activement d’elle-même consécutivement à ces publications et prendra les mesures qui s’imposent. La FSFP demande instamment que les personnes responsables soient poursuivies comme il convient.
Pour la FSFP, il se pose la question de savoir si Securitas peut demeurer un partenaire acceptable pour la police. Si leur collaboration devait se poursuivre - par exemple dans le Jailtrain pour le transport de prisonniers - elle soutiendrait ainsi directement les agissements illégaux de Securitas.
Simultanément, nous tenons à faire remarquer la relation qui existe entre Securitas et la Commission de l’armement du DDPS. Securitas AG est membre de l’Association suisse des entreprises de sécurité, dont le président est le CEO de Securitas. Le vice-président de cette organisation, qui rassemble les différentes entreprises de sécurité privées, est l’ancien commandant de la police cantonale de Zoug et chef actuel de la sécurité militaire. Le CEO de Securitas et président du conseil d’administration de Securitrans AG est également membre de la Commission de l’armement du DDPS. Il n’est pas exclu que par le biais de cette commission, des biens d’équipement soient achetés auprès de Securiton - filiale de Securitas. Les relations entre Securitas et la politique sont donc évidentes. Tout cela vise à une maximisation des gains de la famille du propriétaire, Samuel Spreng, dont la fortune familiale actuelle est estimée à 300 millions de francs par le magazine « Bilan ».
La FSFP espère que la justice et la politique vont maintenant prendre les décisions correctes qui permettront enfin de mettre un terme aux comportements affairistes de Securitas.
Repris de http://www.vspb.org/index.php ?sid=176
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