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Communiqué d’attac Suisse suite aux évènements de la crise

Le jeudi 16 octobre, le conseil fédéral, la banque nationale suisse et la commission fédérale des banques ont annoncé un plan dit « de sauvetage » de plus de 60 milliards de francs suisse pour la banque UBS.

Communiqué d’attac Suisse suite aux évènements de la crise

Genève, le 21 octobre 2008

La crise structurelle du système capitaliste

Le jeudi 16 octobre, le conseil fédéral, la banque nationale suisse et la commission fédérale des banques ont annoncé un plan dit « de sauvetage » de plus de 60 milliards de francs suisse pour la banque UBS. Sans soumettre le plan à la décision démocratique – c’est-à-dire à la décision des salarié-e-s qui paient régulièrement leurs impôts – le conseil fédéral socialise les pertes d’une entreprise privée qui a perdu son capital à travers des spéculations financières. Même La Tribune de Genève, journal qui n’est pas suspecté de gauchisme, titre ce plan « socialisation des pertes et privatisation des profits ».

On découvre de plus en plus que cette crise dite financière représente une crise structurelle du système capitaliste : l’exploitation des dominé-e-s par les dominant-e-s et l’utilisation du pouvoir politique dans l’intérêt des classes dominantes. Le sauvetage des grandes banques, l’achat des titres pourris, la dite régulation du monde financier, tout cela ne sauve que les intérêts des classes dominantes et se fait au détriment des salarié-e-s. Aujourd’hui, il est indispensable de parler des mesures qui améliorent hic et nunc les conditions de vie des gens pour dépasser la crise.

Attac Suisse appelle à une mobilisation des syndicats, des partis de gauche et des organisations, associations et mouvements citoyens pour que les points suivants soient mis en œuvre dès maintenant :

a) Dépasser la crise et sauver ainsi des milliers de places de travail en régulant le monde financier est illusoire. Ce dernier est étroitement lié à l’économie réelle. L’origine de la crise des subprimes est l’inégale répartition de la richesse sociale. Ainsi, une forte augmentation des salaires en introduisant un salaire minimum suffisamment élevé et une participation majeure des salarié-e-s aux profits réalisés sont des mesures indispensables pour la lutte contre les inégalités. Une campagne syndicale pour un salaire minimum pourrait en constituer le début.

b) Le plan UBS montre bien comment l’Etat prête de l’argent aux classes dominantes pour sauver leurs banques et pratique ainsi une redistribution du bas vers le haut. L’Etat devrait plutôt imposer les hauts revenus, les fortunes, les entreprises et les dividendes des actionnaires pour réaliser une redistribution véritable du haut vers le bas et ainsi en finir avec la suprématie du capital financier.

c) La revendication première de la création d’attac était la mise en place de la Taxe Tobin, autrement dit, taxer les transactions financières spéculatives. Dans cette période historique, il est indispensable de revendiquer le contrôle de toute transaction spéculative à travers une imposition, l’interdiction de l’effet de levier, de tous les instruments financiers ne servant pas à l’économie réelle et des stocks options.

d) On parle aujourd’hui de nationalisation des banques, de fait, ce qu’il se passe, est juste une prise de participation minimale des Etats à des banques privées. Qui nous assure que les banques, avec l’argent public injecté, ne sont pas déjà en train de chercher d’autres éléments d’investissement spéculatif ? L’introduction de la taxation des transactions spéculatives doit être accompagnée par une vraie nationalisation qui comporte la transformation du système bancaire actuel en un système public, redéfinissant la monnaie comme un mécanisme d’échange neutre et au services de toutes et tous. Ceci comporte également la séparation des banques d’investissements des banques de dépôts/crédits, le contrôle collectif du système de crédit, comme son orientation aux besoins de la population et des petites et moyennes entreprises.

e) Une préoccupation actuelle et réelle des salarié-e-s est l’avenir de leur retraite. Les 60 milliards de francs représentent plus que la somme des retraites (AVS et deuxième pilier !) payée par an. Les caisses de pension (privées !) subissent également les fluctuations du monde financier. Le parlement a déjà décidé une baisse et du taux de conversion (de 7.05% à 6.8%) et du taux minimal (de 4% en 2003 à 2% en 2011). Il est grand temps d’abolir le deuxième pilier – très instable et exposé aux fluctuations financières – et de créer une retraite unique (AVS) contrôlée par la collectivité. Ainsi, on pourrait augmenter la rente minimale de l’AVS à 3000 francs et assurer à toutes et tous un minimum vital !

Ces interventions sociopolitiques ne constituent qu’un début de dépassement de la crise actuelle – mais un début qui comprend les éléments indispensables pour la prise en main de notre propre avenir !

 

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Mis en ligne le 21 octobre 2008

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