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Le 24 février dernier, le peuple suisse se prononçait sur la loi sur « la réforme de l’imposition des entreprises II ». Cette loi offrait des allègements fiscaux aux entreprises et actionnaires les plus fortunés et affectait les revenus des cantons à hauteur de 1 à 2 milliards par an. En outre, elle renforçait la concurrence intercantonale. Si elle est passée de justesse au plan national, les vaudois l’ont rejetée avec 54,4% de « non ». La majorité de nos conseillers de droite aurait-elle des problèmes de surdité ? Non, le diagnostic est bien plus inquiétant. Quand le peuple dit NON et qu’ils reviennent à la charge, c’est ce qu’on appelle du mépris. Mépris pour la majorité populaire qui fonde théoriquement notre démocratie. Le 9 septembre, le Grand Conseil vaudois a adopté une réforme fiscale qui profitera à la fois aux grandes entreprises et aux fortunes mobilières. Les baisses d’impôts contestées par attac, À gauche toute !, les Verts, les Jeunesses socialistes et les syndicats touchent deux lois distinctes qui entraîneront un manque à gagner pour le canton – déjà un paradis pour les grandes fortunes, comparativement aux autres - de 100 millions de francs par année. Cette réforme s’accompagne, il est vrai, d’un cadeau fiscal de 72 millions de francs, fait aux familles. Ils n’ont été ajoutés que pour mieux faire passer la pilule puisque, une fois répartis, chaque famille bénéficiera de rabais fiscaux mensuels de 50 à 60 francs. En clair, on a d’un côté 72 millions déduits sur les impôts de 150’000 personnes et, de l’autre, 100 millions offerts aux 200 personnes les plus favorisées.
Le bouclier fiscal se hisse à hauteur des nantis et qui dit bouclier, dit épée. Contre qui se dirige-t-elle ? Les mots sont durs, c’est vrai, mais le moment est grave car il prépare une saignée des salarié-e-s, de nos personnes âgées, des malades et des invalides qui ne trouveront plus de protection derrière leur bouclier à eux. Un bouclier d’argile qui s’effrite au gré des réformes systématiques.
Cette loi vaudoise n’est qu’un maillon de plus de la politique économique bourgeoise qui se solidifie au fil des ans au plan fédéral et cantonal. Elle s’inscrit en continuité avec les baisses d’impôts accordées aux hauts revenus depuis une quinzaine d’années. La campagne risque d’être difficile au pays de Vaud, puisque ce sont 12’000 signatures qu’il faut récolter en 40 jours, sans l’appui du parti socialiste.
Abena
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