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L’initiative populaire « 6 semaines de vacances pour tous » du syndicat Travail.Suisse sera soumise en votation le 11 mars. Elle demande que l’article 110 de la Constitution soit complété ainsi : « Tous les travailleurs ont droit à des vacances payées de six semaines par an au minimum ».
Sans surprise, le Conseil fédéral et le Parlement ont rejeté l’initiative. Dans ce pays, chaque progrès pour les travailleurs et travailleuses a été acquis de haute lutte ; il en sera de même pour allonger le temps de vacances pour toutes et tous.
Augmentation de la charge de travail
Avec la mutation structurelle de l’économie, la charge au travail a massivement augmenté. Une étude du SECO sur le stress réalisée en 2010 montre qu’un tiers des travailleurs et travailleuses souffrent de stress chronique. C’est 7% de plus qu’il y a dix ans. Le Seco estime les coûts de la charge de travail élevée et du stress à 10 milliards de francs par an. Ce chiffre est à mettre en comparaison avec les six milliards que coûterait une semaine de vacances supplémentaire.
Une revendication historique
La diminution du temps de travail est une revendication historique du mouvement ouvrier qui a été un peu délaissée ces dernières années. En effet, les dernières baisses du temps de travail ont parfois été combinées avec une diminution des salaires. Pour ceux et celles, toujours plus nombreux, qui travaillent à temps partiel, le seul résultat a été une diminution du revenu ! Les working poor voient aussi leur situation se détériorer.
Dans d’autres cas, la réduction du temps de travail s’est effectuée sans embauche complémentaire et a représenté une augmentation de la charge du travail : effectuer les mêmes tâches dans un temps plus court. Ces deux phénomènes expliquent en partie le peu d’importance accordée à cette question par les syndicats ces dernières années, alors que la poussée du chômage justifierait une meilleure répartition du travail entre tous et toutes.
La productivité augmente plus vite que les salaires
Une autre explication est à chercher dans la faiblesse du mouvement ouvrier à résister à la pression du patronat en faveur de la diminution du coût du travail. Une semaine de vacances supplémentaire ne représente pourtant qu’une diminution du temps de travail d’environ 2%. C’est une charge plus que supportable pour les entreprises.
Si on compare l’évolution de la productivité et celle du salaire moyen entre 1992 et 2007, on voit que la productivité a augmenté de 21,5% et les salaires de 4,3% ; les travailleurs et travailleuses produisent aujourd’hui pour le même salaire beaucoup plus qu’il y a 20 ans. Pendant des années, les actionnaires et les managers se sont accaparés les fruits de la croissance. Il est temps que les travailleurs et travailleuses bénéficient aussi de cette augmentation de productivité. Des vacances plus longues constituent une participation légitime des travailleurs aux progrès réalisés par la productivité ces dix à vingt dernières années.
Lechim
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