|
Des altermondialistes venus de six pays différents font une déclaration.
Des membres d’Attac Allemagne, France, Autriche et Suisse ont tenu samedi dans la principauté du Liechtenstein une journée d’action internationale contre les paradis discaux. Travestis en barons voleurs de la fraude fiscale et riches évadés fiscaux, qui mènent une vie dorée dans leurs paradis fiscaux (îles balnéaires gonflables), ils ont manifesté dans la vieille ville de Vaduz, à portée de vue du château en exigeant « Fermeture des paradis fiscaux ! ».
Dans une déclaration commune présentée samedi, les six Attac d’Allemagne, Autriche, Flandres, France, Pays-Bas et Suisse exigent un engagement plus vigoureux contre les paradis fiscaux à l’intérieur et à l’extérieur de l’Union européenne, ainsi que des sanctions à l’encontre des pays qui se refusent à coopérer à la lutte contre l’évasion fiscale.
« Nous exigeons la fermeture de tous les paradis fiscaux, et ceci dans le monde entier » dit Sven Giegold, expert fiscal d’Attac Allemagne. Les exigences du gouvernement fédéral sont insuffisantes. Punir la fraude fiscale ne suffit pas. Il faut prendre des mesures efficaces contre l’évitement de l’impôt. Le Liechtenstein et tous les autres paradis fiscaux devraient admettre le principe de l’échange automatique des informations fiscales.
« Il est inadmissible de mettre à la disposition de quelques élites et grandes firmes des structures leur permettant de se dispenser de la contribution dont elles sont redevables à la société » dit Roman Kuenzler, spécialiste des questions fiscales à attac suisse. Cela revient à saper la démocratie. Il poursuit : « Ces structures corrompues, ce sont les paradis fiscaux. Il est temps de tarir définitivement leurs sources d’approvisionnement. »
Comme l’a souligné l’experte fiscale d’Attac Allemagne, Sybille Pirklbauer, l’argent normalement dû au fisc et placé dans les paradis fiscaux fait défaut, dans les pays industrialisés, pour financer retraites et pensions, écoles, protection sociale et de l’environnement. Les retombées sont encore pires dans les pays du Sud : leur développement est durablement obéré par le détournement de l’argent dû au fisc. Or, l’UE elle-même favorise les paradis fiscaux. Le Traité de Lisbonne, par exemple, prévoit l’absence de contrôle sur la circulation des capitaux et empêche la fermeture des paradis fiscaux. Sybille Pirklbauer déclare : « Nous exigeons une législation juste et solidaire, dans l’UE et partout dans le monde. »
Le président d’Attac France, Jean-Marie Harribey, le souligne : « Pour le capitalisme financier, les paradis fiscaux ne sont pas une anomalie, mais un rouage indispensable. » L’instauration de la libre circulation des capitaux au sein de l’UE et à l’échelon international a permis une réorganisation fondamentale de la finance internationale au service de la rentabilité du capital. Cela vaut aussi bien pour les entreprises que pour les marchés financiers, devenus les lieux d’une spéculation permanente sur les titres, produits dérivés et devises.
|